Fantasmes de Kai Tak

L’aéroport de Hong Kong

Un aéroport hors du commun

Kai Tak (HKG), ce n’est pas un nom qui évoque grand-chose, mais lorsqu’on pense à Hong Kong, la première image qui nous vient, ce sont ces avions qui survolent à très basse altitude les immeubles des quartiers surpeuplés de l’ancienne colonie britannique.

Alors déjà, Hong Kong a été rétrocédée à la Chine, pour lever toute ambiguïté et cela depuis 1996, mais en plus cet aéroport qui faisait passer les avions au-dessus de la ville n’existe plus, lui, depuis 1998. Je sais ; deux mythes s’effondrent…

L’image d’Épinal a la peau dure et il faut se résigner à se dire qu’aucun avion n’atterrit plus en passant au-dessus des immeubles de Kowloon, et qu’on ne verra plus ces immenses navires volants frôler de leurs ailes la cime des bâtiments.

Kai Tak, malgré son apparente dangerosité, n’a connu que très peu d’accident, certainement en raison du fait que seuls les plus expérimentés des pilotes de ligne étaient autorisés à faire la manoeuvre. La piste appelée 13/31, car orientée 135°/315°, était construite sur un terre-plein posé sur la mer, dans la baie de Kowloon, presque à flanc de montagnes, distantes d’à peine 500 mètres au nord-ouest de la piste, ce qui impliquait de devoir tenir un sacré virage juste avant de descendre brutalement.

Lorsque l’avion atteignait la colline sur laquelle était placé un damier rouge et blanc, servant de balise d’orientation lors de l’approche finale, les pilotes devaient effectuer un virage à vue de 47° pour l’alignement final avec la piste. L’avion n’est alors qu’à deux milles marins de l’atterrissage, à une altitude de moins de 330 m lors de ce virage: généralement, l’avion entamait le virage final à une altitude d’environ 200 m et en sortait à une hauteur d’environ 40 m. L’approche était déjà délicate pour l’atterrissage sur la 13 avec les vents latéraux normaux, car même si la direction du vent reste constante, elle change relativement à l’avion lors du virage de 47°. L’atterrissage devenait un défi plus grand encore quand les vents latéraux du nord-est étaient forts et de haute variabilité, notamment pendant les typhons, fréquents dans cette région. La chaîne de montagnes au nord-est de l’aéroport fait également changer considérablement la vitesse et la direction du vent, changeant par là-même la dérive de l’avion. (Wikipedia)

Ce qui mit fin à l’extraordinaire aventure de cet aéroport qui fit la renommé mondiale de Hong Kong, au moins dans l’imaginaire, ce ne fut précisément pas le fait que la piste était dangereuse, mais bien plutôt que l’aéroport n’était plus dimensionné pour faire face au flux grossissant des passagers arrivant de plus en plus nombreux dans cet appendice biscornu de la Mer de Chine. Le nouvel aéroport, Chep Lap Kok, construit à l’ouest de la ville, est un immense terre-plein posé sur la mer, réunissant deux îles et relié au continent par une simple route.