日本

J’aime l’idée que des gens puissent se retrouver sur une plage pour attendre que le soleil se lève et célébrer ensemble ce moment délicat, une pure communion avec la nature.

À découvrir également, les autres vidéos de Heath Cozens. Et un grand merci à Soren pour ça (je te hais).

Délices du Caire et de la nuit d’orient

Source BNF

De la nuit cairote, je ressens encore les odeurs et les couleurs, la poussière du désert sur les trottoirs, je revois les murs de terre sèche, le Nil majestueux reflétant à l’infini un soleil écrasant. Visite guidée parmi les rayonnages de la bibliothèque.

Avec Gaston Maspero et son Guide du visiteur au Musée du Caire (1902). Une visite virtuelle dans le célèbre musée par un égyptologue de renom.

Cinq mois au Caire et dans la Basse Égypte / par Gabriel Charmes, 1880, un texte suave et moderne. (more…)

Mudhif Ma’dan et Yazidi, Wilfred Thesiger le nomade #4

Entre 1950 et 1958, Wilfred Thesiger se rend en Irak. A cette époque-là, Saddam Hussein n’a pas encore mené son coup d’état dans ce pays jeune dont l’indépendance est proclamée en 1932. Avant 1968, l’Irak est un pays rongé par les communautarisme et un fort sentiment antisémite qui conduira les 125000 juifs irakiens à affluer en Israël, ainsi que par des tensions entre la république instaurée et soutenue par le Troisième Reich et la monarchie promue par le Royaume-Uni. Loin de ces conflits d’intérêt, Thesiger passera quelques temps parmi les Yazidi (يزيدي), dans le nord du pays (région de Mossoul et de Ninive) puis au sud, dans la région des marais située dans le bassin du Tigre et de l’Euphrate (entre les tristement célèbres villes de Bassorah, Nasiriyah et le barrage de Kut), parmi les Arabes des Marais (عرب الأهوار), les Maadans ou Ma’dans (معدان).

Les Yazidi font partie de ces peuples trop souvent persécutés parce que minoritaires, confinés dans les arrière pays et parlant kurde. Les musulmans les appellent improprement « les adorateurs du Diable ». Le Yézidisme est un syncrétisme religieux dans lequel on adore aussi bien l’ange-paon Taous-i Malek, oiseau qui représente Satan, que le cheikh Adi ibn Mustafa, fondateur de leur religion et observent également les fondements du zoroastrisme. Les Yazidi, malgré une volonté farouche de ne pas prendre part dans le conflit qui secoue l’Irak depuis 2003, ont payé un lourd tribut puisque leur communauté a été victime de l’attentat suicide le plus meurtrier depuis le 11 septembre 2001, dans la province de Ninive avec plus de 570 morts (cet attentat est en relation directe avec la lapidation de la jeune Yazidi Doaa Khalil Assouad).

Photo extraite de son livre Visions d’un nomade, chez Plon, 1987, coll. Terre humaine.

Dans le sud du pays, Thesiger arrive pour une période de quinze jours, histoire de passer un peu de temps à chasser le canard dans cette région foncièrement giboyeuse parmi les Ma’dans. Il y restera finalement sept ans. C’est dans cette région qu’est censée s’être trouvé le Jardin d’Éden et c’est également une région infestée de moustiques où l’on ne se déplace qu’à l’aide d’embarcations longues d’une dizaine de mètres sur un au plus de large. Lors des inondations qui ont eu lieu en 1954, le niveau de l’eau a monté de plus de deux mètres, réduisant considérablement les aires de vie des autochtones, mais ils se sont adaptés et ont bâti des îlots artificiels. Lorsque le Sheikh propose à Thesiger d’habiter une hutte confortable, une maison d’hôte appelé mudhif, une construction faite de roseaux géants en tunnel pouvant atteindre 26 mètres de longueur, il refuse, prétextant qu’après avoir vécu dans le désert avec les Rashid, il est habitué à l’inconfort et souhaite être logé à la même enseigne que n’importe quel Ma’dan.
Les Ma’dan ont subi les foudres de Saddam Hussein lorsqu’au lendemain de la guerre Iran-Irak, celui-ci se rendit compte qu’ils avaient aidé les déserteurs irakiens et qu’ils avaient également participé à l’insurrection de 91 ; il leur en tint une rancune mortelle. Il fit assécher les marais et la population des Ma’dans passa de 250.000 à quelques dizaines de milliers, ravageant à la fois un écosystème de terre humide unique au monde et décimant une population au mode de vie millénaire.

Photo © Wilfred Thesiger

Billet suivant: La voix du vieil homme au visage de sable, Wilfred Thesiger le nomade #5

Phâlgunotsava

C’est la fête qui marque l’équinoxe de printemps chez les Hindous. En Inde, on participe activement à Holî en se barbouillant de pigments, dans une débauche de couleurs démesurée. Chaque couleur a  une signification: le vert pour l’harmonie, l’orange pour l’optimisme, le bleu pour la vitalité et le rouge pour la joie et l’amour (source Wikipédia). De splendides photos sur Big Picture.

Estuaire de Jade

Il existe en Allemagne un endroit qui s’appelle Jadebusen, l’estuaire de Jade ou Jahde, une baie apparue après l’érosion des barrières côtières après les tempêtes entre le XIIIè et le XVIè siècle et au bord de laquelle se trouve la ville de Wilhelmshaven. Plus de 140Km² encerclés par la terre, un accident de la nature…

Kom ash-Shuqqafa

Imaginez-vous marcher dans les rues d’Alexandrie en 1900 derrière un âne. L’âne marche d’un air débonnaire et soudain disparait de l’horizon, englouti par un trou béant qui s’est ouvert sous son poids. C’est apparemment le scénario qui s’est déroulé le jour où ont été découvertes les catacombes de Kom ash-Shuqqafa (Kom-el-Chouqafa – la colline aux tessons), non loin du canal el Mahmoudiya. Cet immense hypogée est le plus grand site archéologique mis à jour à Alexandrie et demeure le dernier vestige de la religion égyptienne, même si le style en est clairement romain, et la décoration dans un style typiquement gréco-romain caractéristique d’Alexandrie. Construit à la fin du Ier siècle, il a été utilisé pendant près de trois siècles. Ce sont en tout 300 tombes qui ont été mises à jour, réparties sur trois niveaux dont le plus bas est aujourd’hui inondé et impraticable, à 35 mètres sous terre, le tout entièrement creusé dans la roche. Le lieu est organisé autour d’une grande rotonde qui dessert toutes les pièces, tombes principales comme d’autres plus récentes. L’ensemble est composé d’un puits par lequel on passait les corps, la rotonde, la salle principale, toute un bordée de loculi (niches) et un triclinium, une salle de banquet destinée aux invités. Les premiers archéologues à y entrer trouvèrent de la vaisselle et des amphores encore pleines de vins.

L’époque de construction de cet hypogée correspond avec le moment où la ville d’Alexandrie ne sait pas quelle religion adopter, tiraillée entre les prémisses d’un christianisme hésitant, le panthéisme de Rome ou d’Athènes et les anciennes croyances égyptiennes. On voit mêlé dans la tombe disques solaires, statues d’Anubis (dieu dévoué au passage vers le pays des mort) affublée de la queue de serpent d’Agathos (Agathodaemon, αγαθος δαιμων) et vêtu comme un légionnaire  romain. On y voit également des peintures représentant l’enlèvement de Perséphone par Hadès et la momification d’Osiris. La confrontation des différents styles a toujours quelque chose d’un peu étrange parfois, pour ne pas dire ridicule. Le haut-relief d’Anubis stylisé “à la grecque”, avec muscles saillants et pose maniérée, le tout mêlé à la représentation dans laquelle s’exprime le refus de tourner le corps est singulièrement inappropriée, mais c’est un témoignage des temps troublés, entre deux eaux.

  1. The Catacombs of Kom el-Shuqafa, the “Mound of Shards,” Part I: An Introduction and the First Level by Zahraa Adel Awed
  2. The Catacombs of Kom el-Shuqafa, the “Mound of Shards,” Part II: The Second Level and the Main Tomb by Zahraa Adel Awed
  3. The Catacombs of Kom el-Shuqafa, the “Mound of Shards,” Part III: The Hall of Caracalla (Nebengrab) by Zahraa Adel Awed

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