Deät Lun

Photo © Stephan Ohlsen

Dans la langue vernaculaire, le Héligolandais (Halunder), on l’appelle simplement la terre, deät Lun.
Helgoland est un tout petit archipel composé de deux îles dont la superficie totale est de 4,2Km² et abrite quelques 1650 habitants.

L’île, située sur le territoire du länder de Schleswig-Holstein, en Allemagne donc, a servi de base sous-marine pendant la seconde guerre mondiale et par conséquent a été copieusement sulfatée par les Britanniques en 1946 avec 6 000 tonnes de TNT — ça fait environ 3,5 tonnes par habitant, ah oui, c’est beaucoup. Des plages de sables, des falaises de craie et de roches sédimentaires stratifiées impressionnantes, des phoques et des moutons, des maisons de pêcheurs en bois peintes de couleurs vives, Helgoland est un petit paradis vert dans la Baltique.

Photo © Juan Falque

Bref, tout ceci est très bucolique, je signe et je pars tout de suite.
Localisation sur Google Maps.

Sana’a et Shibam, au pays des mangeurs de qât, Wilfred Thesiger le nomade #3

Photo © Eesti

  1. Thesiger s’apprête à traverser le Désert des déserts, Rub al-Khali (الربع الخالي), la Zone Vide, constituant la partie la plus méridionale de la péninsule arabique, un véritable enfer sur terre avec des températures dépassant plus que souvent les 50°C. Il tirera de ses multiples traversées un livre éponyme et bâtira des amitiés longues avec les Bédouins du désert, des hommes féroces, sans pitié vivant de razzias, toujours armés de leur fusil et de leur poignard richement ornée enfoncé dans la ceinture, le Jambiya (جمبية). Avant d’entrer dans le désert brulant il fait halte dans la vieille ville de Sana’a, capitale du Yémen ( ﺍﻟﺠﻤﻬﻮﺭﯾّﺔ اليمنية) et inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO pour ses hauts immeubles en pisé polychromes et déjà habitée il y a plus de 2500 ans. La vieille ville compte 6500 maisons toutes déjà présentes au XIè siècle créant la perspective vertigineuse d’un damier graphique à perte de vue.

Photo © Eesti

Une galerie de photos sur le site de l’UNESCO.
Localisation de Sana’a sur Google Maps.

Photo © Kebnekaise

Plus à l’est, une autre ville du Yémen, Shibam (شبام), dans l’Hamadraout (également inscrite au patrimoine mondial), construite au XVIè siècle. La cité suit un plan carré et son mur d’enceinte est constitué de hautes tours, préfigurant l’urbanisme en hauteur encore en vigueur aujourd’hui. Uniquement composée de tours en terre au sommet peint en blanc destiné à protéger la matière des intempéries, c’est un cas unique d’architecture. Son nom est souvent accompagné du surnom de “Manhattan du désert” et aujourd’hui encore elle est habitée, protégée et vénérée par 7000 résidents permanents.

Photo © Wilfred Thesiger – Pitt Rivers Museum

Photo © Art History Archive

D’autres clichés intéressants sur Toxel.
Localisation sur Google Maps.

Wilfred Thesiger, Visions d’un nomade, Plon, 1987, coll. Terre humaine.

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Églises monolithiques de Lalibela, Wilfred Thesiger le nomade #2

Sir Wilfred Patrick Thesiger a eu une chance folle. Tandis que son père Wilfred Gilbert exerce sa qualité de diplomate en Éthiopie au début du XXème siècle auprès du roi Ménélik II, le petit Wilfred Patrick nait dans une hutte traditionnelle aux alentours d’Addis-Abeba (አዲስ አበባ, nouvelle fleur en amharique). En 1930, après des études britanniques tout ce qu’il y a de plus conventionnelles, il retourne sur les terres abyssines pour la couronnement du nouveau Negusse Negest éthiopien, Ras Tafari Mekonnen, couronné sous le nom de Hailé Sélassié Ier (ቀዳማዊ ኃይለ ሥላሴ), où il est invité d’honneur. C’est de ce retour sur cette terre d’origine et d’une mission chez les féroces Danakils que naîtra une carrière d’explorateur bien remplie.
Durant cette période, il rapportera une ensemble de photographies d’un lieu absolument unique au monde, Lalibela (ላሊበላ). Située à 2 630 mètres d’altitude, la ville porte le nom du Négus de l’époque, Gebra Maskal Lalibela (1172 – 1212) qui avait fait du lieu sa capitale, remplaçant ainsi la belle et antique Aksoum (አክሱም). Le lieu n’a pas été choisi au hasard. On sait que le peuple éthiopien est en grande majorité de confession chrétienne orthodoxe, se disant à la fois fils de Makeda, Reine de Saba et du Roi Salomon. Aussi, sous la pression de l’expansion arabe sous le règne des  Fatimides, Jérusalem est de plus en plus difficile à atteindre et ce lieu sera la nouvelle Jérusalem (la Jérusalem noire) en raison de sa topographie. Symboliquement, elle représentera la Terre Sainte.
En tout, ce sont onze églises construites de part et d’autre du Yordanos (on y entend Jourdain) dont les plus célèbres sont celles de Saint-Georges (Bete Giyorgis), Bete Medhane Alem et Bete Emmanuel. Leur particularité est d’avoir été creusées à même le roc sous le niveau du sol, ce qui implique le déplacement de milliers de tonnes de pierre. Elles ont toutes été percées dans ces immenses blocs, ce qui en fait le plus grand ensemble monolithique fonctionnel au monde. Si certaines sont construites dans un style traditionnel orthodoxe, d’autres comme Bete Emmanuel, la plus massive, reprennent une ornementation typiquement axoumite.
Thesiger a rapporté de ce lieu et d’Afrique quelques photographies (1960). Lalibela sur Google Maps.

Beta Giyorgis vu d’en haut

Ethiopia, Lalibela, Beta Giyorgis

Beta Giyorgis vu d’en bas

Sculptures et polychromies de Bete Maryam

Sculptures et polychromies de Bete Maryam

Bet Medhane Alem

Les deux premières photos © Aluka, les trois suivantes © A. Davey.
Wilfred Thesiger, Visions d’un nomade, Plon, 1987, coll. Terre humaine.

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Rendile et Turkana, Wilfred Thesiger le nomade #1

Wilfred Thesiger, sage parmi les sages, homme aux semelles de vent parmi les hommes a parcouru pendant des années le sable brûlant du Kenya et de l’Éthiopie et ses lieux interdits, à la rencontre de ceux qui vivaient il y a encore quelques années sans avoir connu d’autres hommes que ceux de leur tribu — et ceux contre qui ils combattaient. Samburu, Kalenjin, Kikuyu, Rendile et Turkana, des noms qui chantent les grands hommes de la vallée du Rift et du Maasai Mara ou du Tanganyka, le lac le plus poissonneux du monde, des hommes longilignes, agressifs, belliqueux et fins, beaux et rebelles comme des femmes dont les traditions veulent qu’ils s’habillent avec les attributs féminins jusqu’à l’âge sacré de leur circoncision et portent dans les cheveux les plumes des petits oiseaux qu’ils ont tué avec leurs traits et un arc tout ce qu’il y a de plus artisanal. Tous les quatorze ans, un nouveau cycle de la vie commence et se fête dignement dans le berceau de l’humanité, qui est une des régions les plus giboyeuses d’Afrique.

Photos extraites de son livre Visions d’un nomade, chez Plon, 1987, coll. Terre humaine.

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Xuan Kong Si

Sur la route de Datong en Chine, dans la province du Shanxi se trouve le monastère bouddhiste de Xuan Kong Si ou Heng Shang (localisation). Datant du VIIè siècle, il a été élevé sur la paroi à cinquante mètres du sol pour éviter les crues de la rivière qui se trouve en contrebas. Chef d’œuvre d’architecture aérienne, il semble reposer sur de fins piliers à peine posés sur la paroi, mais en réalité son entière structure repose sur un réseau d’énormes poutres en bois fichées horizontalement dans la paroi. Le paysage de vallée au pied du monastère contraste avec la verticalité de l’endroit et offre un panorama splendide sur les montagnes alentour.

Photo © EmmaG

Quelques photos assez impressionnantes ici.

Nivose entre ombre et lumière

Quelques jours à la montagne sur la commune de Bellevaux (Haute-Savoie), des jours pleins d’une saine fatigue et parfois d’instants de panique dans la neige tombant par paquets entiers, battue par le vent. Sur les versants de ces contreforts des Alpes avec en toile de fond les charpentes du Mont-Blanc et les Alpes Suisses le soleil s’est montré cabot, jouant avec les crêtes rocheuses et se dérobant à l’envi, traçant sur la neige vierge des routes à mi-chemin entre rêve et réalité.

Bellevaux

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