Pétrichor…

Pétrichor…

Il y a un mot pour ça…

Le pétrichor est lié à l’odeur particulière que prend la terre après la pluie. Ce terme a été créé en 1964 par deux chercheurs, Isabel Joy Bear et Roderick G. Thomas dans la revue anglophone Nature, dénommant ainsi le liquide huileux secrété par certaines plantes, puis absorbé par les sols et roches argileux pendant les périodes sèches, et qui, après la pluie, dégage une odeur caractéristique en se combinant avec la géosmine.

Formé à partir du grec petros signifiant pierre et ichor désignant le sang des dieux dans la mythologie grecque.

Source Wikipedia

Söylenmek #3

Impossible de dire quand ça s’arrête, ni quand ça reprend, ni quand ça ralentit ou que ça se termine, ni quand ça feint de repartir et que ça s’arrête.
L’envie de voyage est comme certaines périodes de la vie, l’air de rien ; il est alors impossible de se poser pour réfléchir ou pour quoi que ce soit d’autre.

Söylenmek #2

Il s’est passé quelque chose hier soir.
Christine, avec presque des sanglots dans la voix, les sanglots d’une dame fatiguée, m’embrasse et après la discussion que nous venons d’avoir, me dit à voix basse, sur le ton de la confidence :

Donne-moi de tes petites nouvelles…

Söylenmek #1

J’entends l’inexploré…
J’attends l’inexploré…

Forêt des singes - Ubud, Bali - Indonésie - Février 2014

Forêt des singes – Ubud, Bali – Indonésie – Février 2014

Mes nuits médusées

Florence - jour 1 - 097 - Piazza della Signoria - Loggia dei Lanzi - Persée par Benvenuto Cellini

Piazza della Signoria – Loggia dei Lanzi – Persée par Benvenuto Cellini – Florence – Mai 2012

Mes nuits sont de la couleur d’un ciel étoilé.
Mes rêves sont faits du même bois que celui de la coque des bateaux aux voiles rouges claquant dans le vent, avec le soleil qui s’épuise dans l’eau sombre.
Le vent est un baume suave et sucré qui dépose sur ma peau un miel fait de sueur et de larmes. Il est la douleur la plus stridente…
Le bruit d’un livre dont on tourne les pages m’empêche de m’endormir sereinement, mais je résiste, je résiste encore. Je résiste toujours.
Et puis il y a le son du ûd qui me berce de ses caresses mates et soudaines, montant dans l’air comme les volutes bleutées d’une fumée de cigarette.
Dans mes songes à demi-éveillé, s’étreignent d’autres vies que je ne connais pas encore et qui n’existent que pour me tenter, mais il y a toujours des cris d’enfants ou le bruit d’une voiture pour me ramener à la réalité ; et tout redevient calme, dans une intranquillité heureuse et sans cesse renouvelée.
Pendant ce temps-là, les jours passent, passent encore et ne s’arrêtent jamais. Les cheveux blanchissent, les joues se creusent de rides suspectes qu’on n’avait pas vues arriver.
C’est à ça que servent les souvenirs, ce sont des armes contre les jours dont on ne sait pas quoi faire, des jours néfastes qui se retrouveront forcément un jour avec la tête coupée, comme Persée donnant à voir à la foule de la piazza la tête de Méduse.
On en viendra à bout. Forcément.

L’allégeance au territoire

L’allégeance au territoire

« Il faudra revenir ! » Je ne sais pas combien de fois j’ai entendu cette phrase dans ma vie, combien de fois m’a-t-on  dit de revenir par là, de repasser par ici, de revenir voir telle personne et dans l’attente, on ne sait pas ce qui se passe. Parfois, je retourne voir des gens qui m’ont fait faire cette promesse, une promesse de poivrot qu’on a déjà oublié le lendemain, parce que la seule chose qui nous a fait nous sentir bien à ce moment-là, c’était la légère ivresse due à quelques verres en trop ; le souvenir s’est estompé avec les vapeurs de l’alcool. Le lendemain est consacré à effacer les traces de cette gueule de bois. C’est alors la surprise la plus totale et sur le visage de l’autre on voit à quelle point la surprise de respecter cette parole en l’air est inattendue ; parfois, on en arriverait presque à provoquer du plaisir. Il se passe quelque chose dans cet interstice, une brèche à peine visible à l’œil nu.

Entre Nevşehir et Tatlarin

Entre Nevşehir et Tatlarin – Cappadoce – Turquie – août 2012

Et puis parfois, ce n’est pas tout à fait ça ; on visite les gens en souvenir, des souvenirs persistants qui prennent la forme de rêves, ou de songes profonds, lorsqu’on se trouve à la limite de l’endormissement et que pour chasser la trop grande prégnance de la réalité, l’esprit vagabonde et choisit dans une grand bibliothèque un livre qu’on a déjà lu et qui nous a fait frémir, dans l’espoir à peine voilé de ressentir à nouveau ce qu’il s’est passé ce jour-là. C’est rarement aussi bien, notez, mais c’est précisément cette expérience qui nous donne la possibilité de vouloir la revisiter dans le but de la reproduire ; les redites ont parfois un goût amer et la seconde chance devient suffisamment embarrassante pour effacer complètement la bonne première impression. L’erreur est fatale. Tout retombe doucement.
Il faudra alors recommencer.

Souviens-toi, l’ami Loti, de ces phrases que tu n’as pas encore écrites, […] des phrases de vieillard au soir de sa vie, incrédule comme un enfant déçu, qui avait crû aux promesses des brochures, et rêvait de toutes les mers et de tous les océans : « Alors, vraiment, ce n’était que ça, le monde ? Ce n’était que ça, la vie ? »

Patrick Deville, Kampuchea
Seuil, 2011

Et voici le moment de la digression : dans un moment de solitude, j’écoute l’émission Couleurs du monde sur France Musique et je me perds aisément dans les maqâm de l’Orchestre Arabo-andalou de Fès, avec les chants séfarades de Françoise Atlan. Il y a quelque chose de magique dans cette musique qui dessine des cercles dans l’espace, avec ses accélérations, ses arrêts, ses saccades, ses envolées lyriques et ses mots qui s’élèvent jusqu’à ce que dans une dernière respiration, la musique dise quelque chose qui n’est plus terrestre…

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Francoise Atlan & L’Ensemble Constantinople – Cantiga de Amor
Album : Des Moments Precieux des Suds (2012)

Le premier instrument pour voyager n’est pas le récit de voyage ; c’est la musique. Avec elle on pourra toujours trouver de bonnes excuses pour rester au fond de son canapé en bonne compagnie, échapper quelques instants à la vitesse du monde en lui imposant le rythme, quel qu’il soit.

Alors peu importe ce qui se passe, s’endormir avec cette musique qui nous écarte du monde fait l’effet d’une petite dose d’un de ces drogues qui rendent l’âme opaque et brumeuse.
Avant de repartir, il faudra écouter cette musique…