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	<title>The Swedish Parrot &#187; Livres et carnets</title>
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		<title>Les licornes du cosmographe</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Nov 2011 20:59:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romuald</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je songe aux avertissements que formulait, dès 1618, Pierre Bertius, cosmographe du Roy Très Chrestien. « La froidure y est indomptable&#8230; et&#8230; en tue plusieurs. L&#8217;hiver y dure neuf mois sans plouvoir&#8230; Les plus riches se défendent&#8230; par le feu &#8230; <a href="http://theswedishparrot.com/les-licornes-du-cosmographe/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-5767" title="thulé jean malaurie" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/11/thulé-jean-malaurie.jpg" alt="" width="652" height="284" /></p>
<blockquote><p>Je songe aux avertissements que formulait, dès 1618, Pierre Bertius, cosmographe du Roy Très Chrestien. « La froidure y est indomptable&#8230; et&#8230; en tue plusieurs. L&#8217;hiver y dure neuf mois sans plouvoir&#8230; Les plus riches se défendent&#8230; par le feu ; les autres par se frotter les pieds et les autres par la chaleur des cavernes de la Terre. Tout ce pais est plein d&#8217;ours cruels avec lesquels les habitants ont une guerre continuelle. Il y aussi&#8230; si ce qu&#8217;on dit est vray, des licornes. Tous tiennent qu&#8217;il y a des hommes pygmées&#8230; Les pygmées ont, paraît-il, une forme humaine, chevelus jusques au bout des doigts, barbus aux genous, mais brutes sans parole et sans raison, sifflant à la façon des oyes&#8230; »</p></blockquote>
<p style="text-align: right;">Rapporté par Jean Malaurie, <em>in</em> Les derniers rois de Thulé<br />
(édition de 1989)</p>
<p><a href="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/11/Terra-Novae.jpg" rel="lightbox[5766]"><img class="aligncenter size-full wp-image-5768" title="Terra Novae" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/11/Terra-Novae.jpg" alt="" width="1629" height="1154" /></a></p>
<p style="text-align: center;">Carte de Pierre Bertius, Terra Novae</p>
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		<title>Le premier géographe</title>
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		<pubDate>Sat, 15 Oct 2011 07:30:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romuald</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Quand j&#8217;étais gamin, se trouvait dans la bibliothèque de ma mère un livre à la couverture noire, un épais livre à l&#8217;aspect mystérieux, qui portait ce nom étrange : le procès des étoiles. J&#8217;ai commencé à le lire et à &#8230; <a href="http://theswedishparrot.com/le-premier-geographe/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/10/Jan_Vermeer_van_Delft_le-g%C3%A9ographe.jpg" rel="lightbox[5645]"><img class="aligncenter size-full wp-image-5647" title="Jan Vermeer van Delft - le géographe" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/10/Jan_Vermeer_van_Delft_le-g%C3%A9ographe.jpg" alt="" width="1000" height="1144" /></a></p>
<p>Quand j&#8217;étais gamin, se trouvait dans la bibliothèque de ma mère un livre à la couverture noire, un  épais livre à l&#8217;aspect mystérieux, qui portait ce nom étrange : le procès des étoiles. J&#8217;ai commencé à le lire et à découvrir ce qu&#8217;était un essai. Le livre raconte l&#8217;expédition de quatre scientifiques en Amérique centrale pour mesurer la terre, un arc de méridien plus précisément. Ils s&#8217;appelaient Jussieu, Bourger, Godin et La Condamine. Ce livre de Florence Trystram est un best-seller parmi les livres didactiques. Il y a trois semaines de cela, je suis tombé sur un autre livre d&#8217;elle : <em>Terre ! Terre ! De l&#8217;Olympe à la NASA, une histoire des géographes et de la géographie</em>. Un titre qui dit bien son programme et invite au voyage, en commençant par les premiers hommes qui ont parcouru la terre, en forme d&#8217;allégorie.<span id="more-5645"></span></p>
<blockquote><p>[...] Cet homme qui est revenu et a osé franchir le cercle de feu étonne ceux de son ex-tribu. Doit-elle l&#8217;accueillir comme l&#8217;un des siens, ou le considérer comme un dangereux étranger, porteur des merveilles et des horreurs d&#8217;un monde de légendes ? Mais l&#8217;homme, aussitôt qu&#8217;il a senti le soulagement des siens quand ils l&#8217;ont reconnu, a eu recours à la meilleure des armes : la parole. Il a dit « C&#8217;est bien moi, je reviens d&#8217;ailleurs, je reviens sain et sauf, et porteur de grandes nouvelles. » La curiosité l&#8217;a emporté sur la terreur, et la tribu s&#8217;est resserrée autour du feu pour écouter son récit.<br />
L&#8217;homme a dit sa longue marche, en comptant les distances et les temps : trois jours pour traverser le marécage (« Le marécage ? Qu&#8217;est-ce que c&#8217;est ? »), une lune entière pour franchir la forêt; dix jours et puis encore dix jours pour escalader la montagne et en redescendre (« La montagne ? Qu&#8217;est ce que c&#8217;est ? »), deux jours pour trouver un tronc capable de me porter et de me faire traverser le fleuve (« Le fleuve ? Qu&#8217;est-ce que c&#8217;est ? »).<br />
L&#8217;homme a dû expliquer, nommer, inventer des mots nouveaux fabriqués à partir des anciens. « Les montagnes, ce sont des superfalaises, comme celles que vous gravissez en un demi-jour, mais là il faut dix jours pour la gravir. Le fleuve, c&#8217;est centruisseaux, l&#8217;eau y est plus haute que la tête, il faut marcher dessus avec un tronc d&#8217;arbre, et non dedans en posant les pieds sur des pierres. Le petit courant qui chante en entraînant une branche dans le ruisseau rugit en transportant des arbres entiers dans le centruisseaux. »<br />
Pour se faire mieux comprendre, il a dessiné dans la terre. De l&#8217;index, il a tracé le sillon en disant : ça, c&#8217;est le ruisseau ; puis en utilisant tout la largeur de sa main, il a dessiné le fleuve, en disant : ça, c&#8217;est centruisseaux. Il a représenté une colline en tassant de la poussière dans le creux de sa paume, puis la montagne, à l&#8217;aide d&#8217;un tas de pierres et de terre, en expliquant : voilà la supercolline. Il a accompli ces gestes de représentation symbolique parce que sa tribu était déjà très évoluée : elle était capable de voir dans un tas de cailloux une montagne, dans une rigole un fleuve.<br />
L&#8217;homme a continué son récit : « Au-delà des marécages et de la forêt, au-delà des supercollinnes et du centruisseaux, j&#8217;ai trouvé une réserve de silex, une colline entière de silex, de la meilleure qualité, il n&#8217;y a qu&#8217;à se baisser pour en ramasser. — Tais-toi, l&#8217;a alors interrompu le sorcier. Il est temps pour nous tous de dormir. »<br />
Cet homme fut le premier géographe. Parce qu&#8217;il est revenu, quelles qu&#8217;aient été les raisons de son départ, parce qu&#8217;il a transmis son expérience et son savoir, il a accompli une œuvre de géographe : il a exploré, il a observé, il a mesuré, il a nommé, il a donné une représentation symbolique, il a décrit, il a assigné un but, en l&#8217;occurrence le silex. L&#8217;ensemble de la tribu a été émerveillée et l&#8217;a interrogé sans relâche : quels animaux, quels arbres, quelles fleurs ? Le soleil se lève-t-il tous les matins ? Est-ce que les étoiles tournent ailleurs comme ici ? As-tu reconnu d&#8217;autres hommes ? Savent-ils conserver le feu ? Raconte encore : tu as rencontré les esprits, tu as croisé les morts, tu as vu le feu du ciel&#8230; ?<br />
Le sorcier a surtout retenu la réserve de silex.Quel trésor ! Si l&#8217;histoire du voyageur est vraie, voilà qui a transformer le sort de la tribu : elle va pouvoir fabriquer des armes, les améliorer, les utiliser, sans souci des pertes, pour la chasse, pour se défendre, voire pour les échanger avec des tribus voisines, contre des peaux et du gibier&#8230; Mais en même temps que cette richesse inespérée, le chef entrevoit les obstacles : à combien de jours de marche as-tu dit que se trouvait la mine ? N&#8217;y a-t-il pas déjà des hommes dangereux ou agressifs qui la connaissent ? Comment rapporter des pierres brutes qui pèseront lourd aux épaules ? Pourra-t-on retrouver le chemin s&#8217;il n&#8217;est pas balisé ?<br />
[...] En récitant cette litanie par cœur et en l&#8217;enseignant à quelques initiés, nos explorateurs préhistoriques ont invité les <em>périples</em>, qui serviront de base à toute connaissance géographique jusqu&#8217;à ce que les cartes détrônent les portulans, quelques milliers d&#8217;années plus tard.</p></blockquote>
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		<title>Trésor des mers et de papier</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Oct 2011 05:24:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romuald</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Parfois, je ne cherche pas, mais je trouve quand-même&#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Parfois, je ne cherche pas, mais je trouve quand-même&#8230;</p>
<p><a href="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/10/ship-of-war.jpg" rel="lightbox[5554]"><img class="aligncenter size-full wp-image-5556" title="ship of war of third rate with rigging and at anchor" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/10/ship-of-war_t.jpg" alt="" width="650" height="399" /></a></p>
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		<title>De but en blanc</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Oct 2011 12:18:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romuald</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Voilà bien une expression que j&#8217;ai souvent utilisée, mais dont je ne me suis jamais posé la question de l&#8217;origine. « De but en blanc » signifie dans le langage imagé de façon abrupte, soudaine, avec une idée de &#8220;droit au &#8230; <a href="http://theswedishparrot.com/de-but-en-blanc/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/10/but-en-blanc.jpg" rel="lightbox[5529]"><img class="aligncenter size-full wp-image-5530" title="but-en-blanc" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/10/but-en-blanc.jpg" alt="" width="908" height="480" /></a></p>
<p>Voilà bien une expression que j&#8217;ai souvent utilisée, mais dont je ne me suis jamais posé la question de l&#8217;origine. « De but en blanc » signifie dans le langage imagé de façon abrupte, soudaine, avec une idée de &#8220;droit au but&#8221;. Dans la langage de l&#8217;artillerie navale, le but en blanc traduit bien cette idée, car le but (ou butte) est le monticule sur lequel on plaçait le canon pour tirer (et non le but à atteindre) et le blanc correspond au cœur de cible qu&#8217;on peignait en blanc pour les exercices. « De but en blanc » est donc le chemin le plus court de la trajectoire du canon depuis le canon à la cible. Alors, me direz-vous, existe-t-il une trajectoire plus ou moins courte pour un boulet de canon ? A priori, on imagine mal le boulet faire une autre trajectoire que celle qui est la plus courte, en passant peut-être par un ou deux virages, un salto arrière et une triple axel. En fait, il existe des tirs plus ou moins tendus et pour une cible à moyenne portée, une infinité de trajectoires plus ou moins tendues. Le but en blanc est une trajectoire optimale, comme on peut le voir sur la figure 9 de l&#8217;illustration ci-dessous, l&#8217;intersection entre la ligne de tir et la ligne de mire naturelle, calculée par rapport à la charge de poudre utilisée, au poids du boulet et à la longueur du fût.<br />
Voici également la définition que j&#8217;en ai trouvé.</p>
<p><a href="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/10/but-en-blanc1.jpg" rel="lightbox[5529]"><img class="aligncenter size-full wp-image-5531" title="but-en-blanc1" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/10/but-en-blanc1.jpg" alt="" width="992" height="125" /></a><a href="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/10/but-en-blanc2.jpg" rel="lightbox[5529]"><img class="aligncenter size-full wp-image-5532" title="but-en-blanc2" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/10/but-en-blanc2.jpg" alt="" width="1000" height="856" /></a></p>
<p>Toutes les illustrations sont extraites de mon très beau et passionnant dictionnaire de la marine à voile, par Bonnefoux et Paris (1856) aux éditions de la Fontaine au Roi (1994), que mes grands-parents m&#8217;ont acheté à Caen en 1996.</p>
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		<title>Tigres, femmes, joueurs de mah-jong et fumeurs d&#8217;opium</title>
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		<pubDate>Sun, 17 Jul 2011 21:54:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romuald</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoires de gens]]></category>
		<category><![CDATA[Livres et carnets]]></category>
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		<category><![CDATA[Chine]]></category>
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		<description><![CDATA[Lorsque Joseph Kessel nous emmène à Hong-Kong, il ne nous laisse pas à la gare avec nos valises en nous donnant rendez-vous dans le hall d&#8217;un quelconque hôtel de seconde zone, ce n&#8217;est pas le genre, il nous emmène là &#8230; <a href="http://theswedishparrot.com/tigres-femmes-joueurs-de-mah-jong-et-fumeurs-dopium/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Lorsque <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Kessel">Joseph Kessel</a> nous emmène à Hong-Kong, il ne nous laisse pas à la gare avec nos valises en nous donnant rendez-vous dans le hall d&#8217;un quelconque hôtel de seconde zone, ce n&#8217;est pas le genre, il nous emmène là où ceux avec qui il a voyagé l&#8217;ont emmené, dans les lieux éloignés des touristes, là où on n&#8217;oserait pas mettre les pieds sans avoir contacté au préalable son ambassade.</p>
<p>Il nous emmène sur les hauteurs de l&#8217;île, vers la tour qui surplombe la ville et attire le regard. On apprend que celui qui a fait construire ces jardins n&#8217;est autre que l&#8217;inventeur du fameux baume du tigre, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Aw_Boon_Haw">Aw Boon Haw</a>, un Birman expatrié en Chine qui avait vite compris que pour vendre, il fallait maîtriser les médias et la publicité. Il acheta donc plusieurs journaux et développa un véritable empire à la Murdoch, largement soutenu par le commerce de l&#8217;opium dont il était un des piliers.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-5435" title="tiger balm king" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/07/tiger-balm-king1.jpg" alt="" width="755" height="1010" />La visite des jardins qu&#8217;il fit construire démontre que l&#8217;homme n&#8217;avait pas forcément bon goût.</p>
<p><img title="tiger balm pagoda" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/07/tiger-balm-pagoda-1024x720.jpg" alt="" width="584" height="410" /></p>
<blockquote><p>La tour qui, d&#8217;abord, avait fixé mon attention, n&#8217;avait en elle-même rien d&#8217;extraordinaire. Par contre, ce qui se trouvait aux alentours semblait relever d&#8217;un cauchemar burlesque et monstrueux.<br />
C&#8217;était une vaste propriété, mais disposée en hauteur, parce qu&#8217;elle s&#8217;accrochait, comme tout domaine à Hong-Kong, au flanc du roc abrupt. On y accédait par un premier escalier assez raide, qui partait de la route pour aboutir à la terrasse d&#8217;une grande et somptueuse maison d&#8217;habitation, cernée de fleurs et munie d&#8217;une piscine. Après quoi, l&#8217;on débouchait sur un terre-plein et aussitôt la folie commençait.<br />
Car de là, dans un fouillis au premier abord inextricable, partaient en toutes directions sentiers et pistes, gradins et degrés, arcades et galeries, allées et rampes qui, grimpant, descendant, tournant en spirales, se mêlant, s&#8217;enchevêtrant, revenant au point de départ, composaient un dédale informe, un labyrinthe aplati contre une paroi de falaise. Et derrière chaque pierre, sous chaque arbre, le long de chaque escalier, entre les colonnes, dans les pavillons et les kiosques innombrables, au fond des arcades, au milieu des massifs de fleurs, debout, assis, agenouillés, couchés, tordus, lovés, gesticulant, ricanant, grimaçant, menaçant, peints, sculptés, taillés dans le fer-blanc, la porcelaine, l&#8217;os, le bois, la cire, l&#8217;argile, le plâtre, le stuc, monochromes, polychromes, isolés en groupes, en masses, en foules, grouillaient, fourmillaient d&#8217;une existence frénétique et silencieuse, des personnages humains et bestiaux, des divinités,d es monstres, des démons et des symboles.<br />
Les dragons énormes dressaient leur gueule flamboyante au-dessus de l&#8217;herbe qui tapissait une éminence.<br />
Un troupeau d&#8217;éléphants, trompes, oreilles, épaules et défenses confondues dans un affrontement immobile, servait de soubassement à une grande galerie ouverte, divisée par des colonnes.<br />
Dans les niches, logeaient des squelettes sur lesquels souriaient des visages extatiques, et des guerriers barbus, et des sorciers à long bonnet en pointe, et des rois couverts de parures, et des hideuses femmes nues, dont le ventre était lourd de fécondités malsaines.<br />
Plus loin, un lapin démesuré en porcelaine blanche semblait sortir de plantes grasses. Sous des arbres s&#8217;ébattaient des singes de plâtre aux museaux outranciers. Puis tout à coup, l&#8217;on voyait sur une pelouse un vieux monsieur chinois à jaquette verte adresser une sourire de Musée Grévin à une jeune fille en robe de brocart.<br />
Et à mesure que l&#8217;on montait, montait sans fin, le long des sentiers qui se croisaient, se nouaient et se dénouaient autour de l&#8217;axe du rocher, on découvrait sans cesse de nouveaux asiles, des nouveaux refuges — grottes en rocaille, socles contournés, kiosques d&#8217;une préciosité horrible, pavillons posés de guingois pour un peuple de peintures, de statues, de figurines incroyables par leur nombre, leur variété, leur violence, leur laideur, leur obscénité.<br />
Des arbustes, des buissons torturés, des plantes infléchies contre nature, toute une végétation naine, artificiellement plantée et formée, mise au jour comme par supplice, entourait, encadrait ce monde en miniature de monstres, de succubes, d&#8217;animaux humains, d&#8217;hommes-chiens, oiseaux, serpents,  limaces, lézards, cet univers d&#8217;êtres innommables.<br />
C&#8217;était un chaos, un enfer, un panthéon, un pandémonium, une mythologie de cauchemar. Tout y faisait songer aux fruits de la fièvre, du délire, de la démence.</p></blockquote>
<p>Aw Boon Haw passe pour avoir été un personnage odieux, un tyran. C&#8217;est en tout cas le portrait qu&#8217;en fait Harry Ling, le compagnon de route de Kessel.</p>
<blockquote><p>Au physique : trapu, massif, le cou bref, un masque immobile. Des yeux d&#8217;une acuité presque insoutenable. Un mangeur terrifiant.<br />
Au moral : un tyran capricieux, n&#8217;ayant que deux passions : les affaires et les femmes. D&#8217;une prodigalité sans limites, pour l&#8217;ostentation, pour « la <em>face</em> ». D&#8217;une monstrueuse avarice pour ceux qui le servaient.</p></blockquote>
<p><img class="aligncenter size-large wp-image-5426" title="An Boon Haw" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/07/an-boon-haw-1024x673.jpg" alt="" width="584" height="383" /></p>
<p>L’œil s&#8217;amuse du portrait fait de son épouse, que la photo vient renforcer&#8230;</p>
<blockquote><p>[La photographie] représentait, au milieu de deux compagnes plus jeunes et au sourire charmant, une femme d&#8217;âge mûr, très petite et très râblée. Le visage était rond, aplati et le nez camus chevauché de lunettes à montures métallique. Mais il y avait sur tous les traits et, singulièrement, dans le vaste front bombé et dans une bouche ferme et précise, l&#8217;expression d&#8217;une intelligence profonde et d&#8217;une énergie presque dure.</p></blockquote>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-5427" title="mme An Boon Haw" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/07/mme-an-boon-haw.jpg" alt="" width="669" height="482" /></p>
<p>Hong-Kong tel que nous le brosse Kessel, est une ville sombre et bruyante, crasseuse, boueuse et n&#8217;a rien avec l&#8217;idée qu&#8217;on s&#8217;en fait aujourd&#8217;hui. En 1957, c&#8217;est encore une ville puzzle que l&#8217;administration britannique a du mal à contenir. Tout y est interdit, la prostitution, l&#8217;opium, et même le mah-jong dont le bruit fait par les tuiles plaquées contre les tables envahit les rues, mais en réalité, tout y prospère avec la force d&#8217;un tigre, surtout lorsqu&#8217;on pose des billets sur les paupières des policiers. Fait étrange, l&#8217;ancienne <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Citadelle_de_Kowloon">citadelle de Kowloon City</a> est une véritable zone de non-droit qui n&#8217;appartient à personne. Tous les truands et assassins s&#8217;y rassemblent et lorsque la police y cherche quelqu&#8217;un, elle commissionne d&#8217;autres assassins pour le rabattre jusqu&#8217;aux portes de la ville. En 1987, lorsqu&#8217;elle commence à être détruite, sa densité de population est de 1 923 076 habitants au km², ce qui en fait le quartier le plus densément peuplé du monde.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-5436" title="kowloon city" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/07/kowloon-city.jpg" alt="" width="711" height="514" />Avant d&#8217;arriver au village isolé de Rennie Mills (aujourd&#8217;hui <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Tiu_Keng_Leng">Tiu Keng Leng</a>) et son cortège de vieux nationalistes nostalgiques de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Tchang_Ka%C3%AF-chek">Tchang Kaï-Chek</a> dont le nom est écrit à la chaux en immenses lettres blanches dans la colline, où les femmes ont encore les pieds compressés dans d&#8217;immondes bandelettes, nous arrivons dans les ruelles boueuses d&#8217;une ville morte, hantée par les fumeries d&#8217;opium — la <em>« boue étrangère</em> », trafic organisé — qui dévore les corps et transforme les villes en refuges d&#8217;ombres.</p>
<blockquote><p>Je montai dans l&#8217;une des voiturettes. Georges — très léger — et le fumeur d&#8217;opium, dont le corps n&#8217;était qu&#8217;un sac d&#8217;ossements, se tassèrent dans l&#8217;autre.<br />
Les <em>rickshaws</em>, d&#8217;un bref coup de reins, détachèrent les roues de l&#8217;ornière boueuse et prirent leur élan. Ils semblaient avancer sans peine d&#8217;une allure régulière, rythmée, aisée. Leurs pieds nus ne faisaient qu&#8217;un bruit très faible.<br />
Course irréelle, course de songe&#8230; Le clair-obscur des rues&#8230; Les misérables maisons blanchâtres&#8230; Des ombres humaines allant où et pourquoi ? Des troupes d&#8217;enfants tapis contre les murs comme de petits animaux traqués ou perdus&#8230; Soudain un marché en plein air, illuminé de quinquets, avec ses vendeurs hâves, haillonneux. Et puis de nouveau la pénombre&#8230; des terrains vagues&#8230; et encore des bâtisses. Et la nuque ployée du <em>rickshaw</em>&#8230; ses bras liés aux brancards, aussi rigides, aussi maigres. Et le son léger, cadencé, des pieds nus&#8230;</p></blockquote>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-5431" title="rickshaws" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/07/rickshaws.jpg" alt="" width="640" height="420" /></p>
<p>De cette histoire somme toute une peu sordide, on retiendra l&#8217;ambiance passablement irréelle des maisons closes de luxe, où les femmes de toute la Chine viennent vendre leurs charmes, dans un pays qui n&#8217;a déjà plus d&#8217;yeux que pour ses financiers&#8230;</p>
<blockquote><p>De cette race, le filles les plus belles se trouvaient dans la maison de danse où Harry m&#8217;avait amené. Grandes pour la plupart et toutes admirablement faites, harmonieuses dans chaque attitude et des mouvements si souples et déliés, que les os mêmes semblaient participer à la suave mollesse de leur chair, elles avaient des visages d&#8217;un modelé à la fois ferme et comme fondant, la fraîcheur lisse des pétales — couleur d&#8217;ambre clair — et une chevelure de nuit étincelante. Elles ne portaient pas les jupes ouvertes à mi-cuisse et les vestes multicolores que l&#8217;on voyait ailleurs, mais leurs robes étaient si ajustées, et d&#8217;étoffes si délicates, qu&#8217;elles donnaient, à cause de la lumière sous-marine, l&#8217;impression de ruisseler sur ces corps ciselés de sirènes.</p></blockquote>
<p><strong>Joseph Kessel</strong>, Hong-Kong et Macao. 1957<br />
Folio Gallimard, collection voyages.</p>
<p>Toutes les photos sont extraites du magazine <a href="http://www.life.com/">LIFE</a></p>
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		<title>Dans le port de Hong-Kong avec Kessel</title>
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		<pubDate>Sat, 16 Jul 2011 09:06:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romuald</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres et carnets]]></category>
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		<description><![CDATA[En 1957, Joseph Kessel se rend à Hong-Kong pour témoigner de ce qu&#8217;est cette ville concentrée sur une coin de roche et qui deviendra l&#8217;icône du trafic d&#8217;opium et du jeu, ville mystère et ville fantôme, ville au rythme infernal, &#8230; <a href="http://theswedishparrot.com/dans-le-port-de-hong-kong-avec-kessel/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a title="Aqua Luna &amp; Cloudy Hong Kong by kevinpoh, on Flickr" href="http://www.flickr.com/photos/kevinpoh/4625061216/"><img class="aligncenter size-full wp-image-5408" title="" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/07/hong-kong.jpg" alt="" width="1024" height="691" /></a></p>
<p>En 1957, Joseph Kessel se rend à Hong-Kong pour témoigner de ce qu&#8217;est cette ville concentrée sur une coin de roche et qui deviendra l&#8217;icône du trafic d&#8217;opium et du jeu, ville mystère et ville fantôme, ville au rythme infernal, orientale jusqu&#8217;au bout des ongles transformée par l&#8217;Occident en avant-poste du vice et du vide, remplissant ses rues étroites de bandeaux publicitaires et de lumières et les arrières cours de prostituées et de drogués. Toutefois, malgré la honte de surface, arrive à transparaître le goût suave de l&#8217;évasion dans cette mégapole perchée sur un bout de rocher plongeant à pic. On s&#8217;imaginerait bien comme Kessel arriver à Hong-Kong par la mer, dans les odeurs de diesel et de poisson pourrissant chercher un marin de Gibraltar ou une jeune femme qu&#8217;on aurait aimé autrefois&#8230;</p>
<blockquote><p>Tous les voiliers sont beaux et tous ils portent l&#8217;une des plus vieilles chimères de l&#8217;homme dans leur gréement ailé. Mais les barques des mers de Chine, parce qu&#8217;elles n&#8217;ont pas changé de dessin depuis des siècles, que leur château arrière s&#8217;élève sur l&#8217;eau comme une gueule de dragon, que leur armature est faite de bambous, que leurs voiles ont la forme et la couleur d&#8217;énormes feuilles rousses, aux nervures délicates, que dressées, inclinées ou couchées elles décorent leurs mâts de frondaisons miraculeuses, et que souvent, rapiécées, déchirées, elles laissent passer à travers leur flottante tenture le feu du soleil et l&#8217;azur du ciel, que leur équipage est fait d&#8217;hommes ou de femmes aux yeux bridés et secrets — ces barques des mers de Chine dépassant toutes les autres en mythe de pouvoir et d&#8217;évasion.<br />
Ainsi à travers les paquebots, les canots, les cargos, les vedettes, les transbordeurs massifs, les vagues, les brises et les jonques, le ferry approche de Hong-Kong.<br />
La foule qu&#8217;il porte se met en mouvement. Sur le quai bougent et crient d&#8217;autres foules. Les rues qui gravissent le roc abrupt sur lequel est bâtie la ville ne sont qu&#8217;un fourmillement humain. Des files de voitures passent sur les quais. Les grues élèvent et baissent leurs énormes bras de fer. Les <em>rickshaws</em> galopent. Les chenilles du funiculaire grimpent vers les cimes. Les édifices eux-mêmes semblent remuer. Au-dessus de la cité frémissent jusqu&#8217;aux faîtes les fleurs et les arbres. Et les nuages légers comme des pétales et des flocons, les brumes de mer transparentes comme une buée, s&#8217;arrêtent un instant contre les flancs de l&#8217;île et glissent nonchalamment à leur surface.</p></blockquote>
<p><strong>Joseph Kessel</strong>, Hong-Kong et Macao. 1957<br />
Folio Gallimard, collection voyages, pp. 33-34</p>
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		<title>Pétales de Marguerite I</title>
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		<pubDate>Sat, 16 Jul 2011 07:47:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romuald</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres et carnets]]></category>
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		<category><![CDATA[Italie]]></category>
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		<description><![CDATA[Il aura fallu l&#8217;énergie d&#8217;une femme pour que je puisse enfin me dire que je pouvais lire et ne pas m&#8217;ennuyer dans les livres d&#8217;une femme (mis à part certes quelques uns d&#8217;Annemarie Schwarzenbach). Et quelles femmes ! La première &#8230; <a href="http://theswedishparrot.com/petales-de-marguerite-i/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a title="Florence by ChrisYunker, on Flickr" href="http://www.flickr.com/photos/chris-yunker/42908213/"><img src="http://farm1.static.flickr.com/31/42908213_a78c9f73c1_z.jpg" alt="Florence" width="640" height="432" /></a></p>
<p>Il aura fallu l&#8217;énergie d&#8217;une femme pour que je puisse enfin me dire que je pouvais lire et ne pas m&#8217;ennuyer dans les livres d&#8217;une femme (mis à part certes quelques uns d&#8217;Annemarie Schwarzenbach). Et quelles femmes ! La première est proche de mon cœur, la seconde en était aussi éloignée que possible, surtout après que l&#8217;on m&#8217;ait forcé à lire un de ses livres quand j&#8217;étais au lycée. La souvenir négatif n&#8217;en était que plus présent et marquant. C&#8217;est avec le marin de Gibraltar que j&#8217;ai plongé dans la lecture de Marguerite Duras et peut-être dans ce qui sera un renouveau de lecture pour moi. J&#8217;y suis allé confiant et je suis ressorti de là avec l&#8217;impression nette d&#8217;avoir touché quelque chose du doigt, une écriture à la fois fine et rêche, à la fois sensible et tragique. On m&#8217;a dit une fois que Duras était la plus américaine des écrivains français, il y a certainement quelque chose de ça.<br />
Rarement, dans tout ce que j&#8217;ai lu, je n&#8217;ai lu un aussi beau texte sur la chaleur :</p>
<blockquote><p>A Florence, combien fit-il ? Je ne sais pas. Pendant quatre jours, la ville fut en proie à un calme incendie, sans flammes, sans cris. Angoissée autant que par les pestes et les guerres, la population, pendant quatre jours, n&#8217;eut pas d&#8217;autre souci que de durer. Non seulement ce n&#8217;était pas une température pour les hommes, mais pour les bêtes non plus ce n&#8217;en était pas une. Au zoo, un chimpanzé en mourut. Et des poissons eux-mêmes en moururent, asphyxiés. Ils empuantissaient l&#8217;Arno, on parla d&#8217;eux dans les journaux. Le macadam des rues était gluant. L&#8217;amour, j&#8217;imagine était banni de la ville. Et pas un enfant ne dut être conçu pendant ces journées. Et pas une ligne ne dut être écrite en dehors des journaux qui, eux, ne titraient que sur ça. Et les chiens durent attendre des journées plus clémentes pour s&#8217;accoupler. Et les assassins durent reculer devant le crime, les amoureux se négliger. L&#8217;intelligence, on ne savait plus ce que ça voulait dire. La raison, écrasée, ne trouvait plus rien. La personnalité devint une notion très relative et dont le sens échappait. C&#8217;était encore plus fort que le service militaire. Et Dieu lui-même n&#8217;en avait jamais tant espéré. Le vocabulaire de la ville devint uniforme et se réduisit à l&#8217;extrême. Il fut pendant cinq jours le même pour tous. J&#8217;ai soif. Ça ne peut plus durer. Cela ne dura pas, cela ne pouvait pas durer, il n&#8217;y avait aucun exemple que cela eût duré plus de quelques jours. Dans la nuit du quatrième jour il y eut un orage. Il était temps. Et chacun, aussitôt, dans la ville, reprit sa petite spécialité. Moi non. J&#8217;étais encore en vacances.</p></blockquote>
<p><strong>Marguerite Duras</strong>, le marin de Gibraltar. 1952<br />
Folio Gallimard pp. 31-32</p>
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		<title>Mots d’un vocabulaire oublié VIII</title>
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		<pubDate>Mon, 13 Jun 2011 08:53:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romuald</dc:creator>
				<category><![CDATA[Arts]]></category>
		<category><![CDATA[Livres et carnets]]></category>
		<category><![CDATA[archéologie]]></category>
		<category><![CDATA[dessin]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[illustration]]></category>
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		<category><![CDATA[moyen-âge]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<category><![CDATA[sculpture]]></category>

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		<description><![CDATA[Avertissement: billet à haute teneur en mots rares et précieux, sauvés de l’oubli. 1er volet 2nd volet 3ème volet 4ème volet 5ème volet 6ème volet 7ème volet 8ème volet 9ème volet Bucrane Un bucrane (sans accent circonflexe) désigne un motif &#8230; <a href="http://theswedishparrot.com/mots-d%e2%80%99un-vocabulaire-oublie-viii/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Avertissement</strong>: billet à haute teneur en mots rares et précieux, sauvés de l’oubli.</p>
<ol>
<li><a href="../mots-dun-vocabulaire-oublie/">1er volet</a></li>
<li><a href="http://wp.me/pKUzm-1f6">2nd volet</a></li>
<li><a href="../mots-d%E2%80%99un-vocabulaire-oublie-3/">3ème volet</a></li>
<li><a title="Mots d’un vocabulaire oublié IV" href="../mots-d%e2%80%99un-vocabulaire-oublie-iv/">4ème volet</a></li>
<li><a title="Mots d’un vocabulaire oublié V" href="../mots-d%e2%80%99un-vocabulaire-oublie-v/">5ème volet</a></li>
<li><a title="Mots d’un vocabulaire oublié VI" href="../mots-d%e2%80%99un-vocabulaire-oublie-vi/">6ème volet</a></li>
<li><a title="Mots d’un vocabulaire oublié VII" href="http://theswedishparrot.com/mots-d%e2%80%99un-vocabulaire-oublie-vii/">7ème volet</a></li>
<li>8ème volet</li>
<li><a title="Mots d’un vocabulaire oublié IX" href="http://theswedishparrot.com/mots-d%e2%80%99un-vocabulaire-oublie-ix/">9ème volet</a></li>
</ol>
<h3><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Bucrane">Bucrane</a></h3>
<p>Un <strong>bucrane</strong> (sans accent circonflexe) désigne un motif gravé représentant le crâne d&#8217;un bœuf dont les cornes sont enguirlandées de feuillages et que l&#8217;on trouve comme ornements de frises dans les ordres grecs. Les bucranes, ornements canoniques de l’ordre dorique depuis la Renaissance, sont placés ordinairement dans les métopes, ou intervalles qui séparent deux <a title="Triglyphe" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Triglyphe">triglyphes</a>. Leur signification est supposée rappeler les victimes offertes en sacrifice aux dieux. Il était encore beaucoup utilisé à la Renaissance.</p>
<p>Les bucranes se retrouvent très fréquemment dans les sépultures préhistoriques.</p>
<ul>
<li><strong>Paléolithique supérieur</strong>.- Le site de Saint-Germain-la-Rivière en France où le défunt, recroquevillé sous un caisson de dalles en pierre, est accompagné d’un bucrane et de ramures (Otte 2003)</li>
<li><strong>Néolithique</strong>. &#8211; Manifestations religieuses ou l’on retrouve encore des modelages de bucranes et des chevilles osseuses de bovidés associés aux sépultures (Otte 1993)</li>
</ul>
<p>À Rome, le bucrane se retrouve déjà sur les mausolées patriciens de l&#8217;époque républicaine (tombeau de <a title="Caecilii Metelli" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Caecilii_Metelli">Cecilia Metella</a>) et reste en usage jusqu&#8217;à l&#8217;époque d&#8217;<a title="Hadrien" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Hadrien">Hadrien</a>. Selon F. Lemerle, il rapelle le sacrifice traditionnel (<em>suovetaurile</em>) qui accompagne les obsèques.</p>
<p>À la Renaissance, ce motif ne commence à être utilisé que par <a title="Michele Sanmicheli" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Michele_Sanmicheli">Michele Sanmicheli</a> (Porta Nuova de Vérone, 1535). C&#8217;est <a title="Fra Giovanni Giocondo" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fra_Giovanni_Giocondo">Fra Giovanni Giocondo</a> (1511), et après lui Serlio et Vignole qui, dans leurs commentaires-traduction du <em><a title="De architectura" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/De_architectura">De architectura</a></em> de <a title="Vitruve" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Vitruve">Vitruve</a>, associent le bucrane à l&#8217;ordre dorique.</p>
<p><a href="http://www.photo.rmn.fr/cf/htm/CSearchZ.aspx?o=&amp;Total=46&amp;FP=11357288&amp;E=2K1KTSU4KI03X&amp;SID=2K1KTSU4KI03X&amp;New=T&amp;Pic=19&amp;SubE=2C6NU031LYIB"><img class="aligncenter size-full wp-image-5346" title="Bucrane - Oppenord Gilles-Marie" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/06/Bucrane-Oppenord-Gilles-Marie.jpg" alt="" width="579" height="650" /></a></p>
<p style="text-align: center;">Motif d&#8217;ornement sculpté : bucrane et deux études de statues (?) de femmes drapées. Oppenord Gilles-Marie (1672-1742)<br />
© RMN / Madeleine Coursaget. Encre brune, lavis gris, pierre noire. Musée du Louvre, Département des Arts Graphiques</p>
<h3><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Chrestomathie">Chrestomathie</a></h3>
<p>Du grec ancien <strong>χρηστομάθεια</strong>, <em>khrêstomátheia</em> (« savoir utile »).<br />
Anthologie de textes d’auteurs réputés classiques, notamment assemblée pour l&#8217;apprentissage d&#8217;une langue.<br />
<img class="aligncenter size-full wp-image-5347" title="chrestomathie" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/06/chrestomathie.jpg" alt="" width="305" height="500" /></p>
<h3><a href="http://www.cosmovisions.com/artChrysographie.htm">Chrysographie</a></h3>
<p>Du grec ancien <strong><em>chrysos</em></strong>, or et <strong><em>graphein</em></strong>, écriture.<br />
Art d’écrire en lettres d’or.</p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-family: Arial,Helvetica;"><a href="http://www.bl.uk/catalogues/illuminatedmanuscripts/GlossC.asp"><img class="aligncenter size-full wp-image-5348" title="chrysographie" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/06/chrysographie.jpg" alt="Burney MS 13, f. 1" width="700" height="680" /></a></span>Burney MS 13, f. 1, British Library</p>
<h3><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Dactyle_%28po%C3%A9sie%29">Dactyle</a></h3>
<p>Le <strong>dactyle</strong> (du grec ancien δάκτυλος <em>dáktulos</em>, « doigt ») est un pied, c’est-à-dire un élément métrique (un module rythmique) de la poésie grecque et latine au départ puis, par extension, de toutes les poésies dont le mètre est rythmique ou accentuel et non syllabique.</p>
<p>Il est composé d’une syllabe longue (ou accentuée pour les métriques accentuelles) suivie de deux syllabes brèves (ou atones). On symbolise le tout ainsi : <strong>_UU</strong>. Le dactyle est donc de rythme descendant, puisqu’il attaque par un temps fort. Par exemple, <em>fōns ĕrăt</em> (suivi d’une voyelle), en latin, forme un dactyle, de même que <em>sándige</em> en allemand. Dans le second cas, ce n&#8217;est pas la quantité syllabique qui compte mais l’opposition entre la voyelle tonique et les voyelles atones. La dénomination grecque de « doigt » résulte probablement<sup id="cite_ref-0"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Dactyle_%28po%C3%A9sie%29#cite_note-0">1</a></sup> d&#8217;une analogie avec les phalanges d&#8217;un doigt. La première phalange, plus longue, est suivie par deux phalanges plus courtes.</p>
<p><em><strong>Note :</strong> en scansion, la marque de quantité vocalique (macron pour la longue et brève) compte pour la syllabe entière et non la seule voyelle qui la porte.</em></p>
<p style="text-align: center;"><em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9siode"><img class="aligncenter size-full wp-image-5349" title="hésiode" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/06/hésiode.jpg" alt="" width="396" height="600" /></a></em>« Pseudo-Sénèque » : longtemps considéré comme un buste du philosophe stoïcien, ce portrait pourrait représenter un poète archaïque, peut-être Hésiode.<br />
Copie romaine d&#8217;un original hellénistique, British Museum</p>
<h3><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ecoin%C3%A7on">Ecoinçon</a></h3>
<p>Un <strong>écoinçon</strong> est un ouvrage de menuiserie ou de maçonnerie formant l&#8217;encoignure de l&#8217;embrasure d&#8217;une baie.<br />
Dans le style gothique, on trouve cet élément aux angles des roses ou des rosaces formant des ouvertures de verrières décorées avec des écoinçons ajourés.<br />
Un écoinçon est aussi une partie d&#8217;un tapis qui est située aux coins du champ.</p>
<p><a href="http://www.photo.rmn.fr/cf/htm/CSearchZ.aspx?o=&amp;Total=241&amp;FP=11365364&amp;E=2K1KTSU4KSNI7&amp;SID=2K1KTSU4KSNI7&amp;New=T&amp;Pic=67&amp;SubE=2C6NU0N9QLZ5"><img class="aligncenter size-full wp-image-5350" title="écoinçon" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/06/écoinçon.jpg" alt="" width="546" height="620" /></a></p>
<div style="text-align: center;">Figure de Renommée nue pour écoinçon. Primatice (dit), Primaticcio Francesco (1504-1570)<br />
© RMN / René-Gabriel Ojéda. Lavis bistre, plume (dessin)<br />
Bayonne, musée Bonnat</div>
<h3><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Gnomon">Gnomon</a></h3>
<p>Le mot <em>gnomon</em> est un mot latin qui veut dire aiguille de cadran solaire, venant du grec <em>gnômôn</em> qui désignait une règle ou ce qui sert de règle. Par dérivation un <strong>gnomon</strong> est le nom du plus simple cadran solaire : un bâton planté verticalement dans le sol, ou même encore plus simple : l&#8217;homme lui-même.</p>
<p>Le gnomon a donné son nom à la science des cadrans solaires : la <a title="Gnomonique" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Gnomonique">gnomonique</a>, ainsi qu&#8217;à la personne qui conçoit et réalise des cadrans : le <a title="Gnomoniste" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Gnomoniste">gnomoniste</a>.</p>
<p><a href="http://www.photo.rmn.fr/cf/htm/CSearchZ.aspx?o=&amp;Total=40&amp;FP=11366596&amp;E=2K1KTSU4KQJGR&amp;SID=2K1KTSU4KQJGR&amp;New=T&amp;Pic=6&amp;SubE=2C6NU0KVS25C"><img class="aligncenter size-full wp-image-5352" title="gnomon" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/06/gnomon.jpg" alt="" width="581" height="650" /></a></p>
<div style="text-align: center;">Cadran solaire multiple en diptyque. Reinmann Paul (1557?-1609)</div>
<div id="zoom-Copyright" style="text-align: center;">
<div>© RMN / Jean-Gilles Berizzi. Alliage cuivreux, doré (technique), ivoire</div>
</div>
<div id="zoom-Localisation">
<div style="text-align: center;">Paris, musée du Louvre</div>
</div>
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		<title>Quinze mille sept cent fois</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Jun 2011 07:53:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romuald</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres et carnets]]></category>
		<category><![CDATA[Grèce]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>

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		<description><![CDATA[Enlèvement de Briséis. Achille, sous sa tente, ayant à ses côtés Ulysse et Diomède, assiste plein de courroux à l’enlèvement de Briséis par Hermès. Chant I. 320-350. Peinture d’une kylix (British Museum) Quinze mille sept cent fois dans l&#8217;Iliade, Homère, &#8230; <a href="http://theswedishparrot.com/quinze-mille-sept-cent-fois/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-5334" title="Iliade" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/06/Iliade.jpg" alt="" width="700" height="448" /></p>
<p style="text-align: center;">Enlèvement de <strong>Briséis</strong>. <strong>Achille</strong>, sous sa tente, ayant à ses côtés <strong>Ulysse </strong>et <strong>Diomède</strong>,<br />
assiste plein de courroux à l’enlèvement de Briséis par <strong>Hermès</strong>. Chant I. 320-350. Peinture d’une kylix (British Museum)</p>
<p>Quinze mille sept cent fois dans l&#8217;<em>Iliade</em>, Homère, laissant l&#8217;expiration emporter sa voix sous la dictée de la Muse, énonce son vers ailé soutenu par les six temps forts et soulevé par la mélodie propre des mots. Quinze mille sept cent fois, Homère, dans le même système, change lorsqu&#8217;il chante. Chaque mot possède sa propre manière d&#8217;entrer dans la ronde des dactyles. Chaque syllabe se place sur le temps, en opposition, à l&#8217;attaque, à la fin, dans le phrasé ascendant de la mélodie, ou sur la contrepente, et s&#8217;étire sur sa voyelle longue, se resserre sur la brève ; parfois encore, se resserre sur la brève en donnant l&#8217;illusion de la longue, ou en marchant à rebours de toutes les règles, parce qu&#8217;aucune langue ne se laisse réduire à un schéma, et la langue d&#8217;Homère encore moins que celle de ses imitateurs.<br />
Dire le grec ancien avec la quantité des voyelles, le jeu rythmique des syllabes, la mélodie de l&#8217;intonation, une échelle harmonique, les silences, où la parole retentit et se recharge, procure les plus grandes joies, parce qu&#8217;on y suit le déroutant Homère, qui s&#8217;emploie à surprendre son monde. Homère assemble — ce serait même l&#8217;étymologie de son nom —, et ce fils du fleuve — Mélésigénès, « fils du fleuve Mélès », d&#8217;après les <em>vies</em> anciennes — se contredit dans son perpétuel devenir !</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Philippe Brunet</strong><br />
traducteur de l&#8217;Iliade &#8211; 2010 Seuil</p>
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		<title>Au-dessus des petites villes de Hollande avec les cartes de Johannes Blaeu</title>
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		<pubDate>Tue, 24 May 2011 20:29:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romuald</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres et carnets]]></category>
		<category><![CDATA[carte]]></category>
		<category><![CDATA[Hollande]]></category>

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		<description><![CDATA[Joan Blaeu et son père Willem étaient tous deux des cartographes hollandais réputés. A la mort du père, le fils reprend l’œuvre et publie en 1662 puis en 1665 l&#8217;Atlas Maior (ou Theatrum Orbis Terrarum). Au total, ce sont douze &#8230; <a href="http://theswedishparrot.com/au-dessus-des-petites-villes-de-hollande-avec-les-cartes-de-johannes-blaeu/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Joan_Blaeu">Joan Blaeu</a> et son père Willem étaient tous deux des cartographes hollandais réputés. A la mort du père, le fils reprend l’œuvre et publie en 1662 puis en 1665 l&#8217;<a href="http://www.amazon.fr/Blaeu-Atlas-Maior-Joan/dp/3836524112/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;qid=1306265370&amp;sr=8-1">Atlas Maior</a> (ou <em>Theatrum Orbis Terrarum)</em>. Au total, ce sont douze volumes de planches en couleur représentant les principales villes des pays européens qui constitue cette œuvre unique en son genre et une source de renseignements colossale sur l&#8217;urbanisme des villes de cette époque. Ce qui est fascinant, c&#8217;est de découvrir ces superbes cartes au regard des images actuelles, de voir que le tracé des routes reprend le tracé des anciennes fortifications et que finalement peu de choses ont changé. L&#8217;expansion des villes n&#8217;est pas si importante que ce qu&#8217;on pourrait imaginer.</p>
<h3>Schoonhoven</h3>
<p>On constate qu&#8217;il y a un tracé d&#8217;un canal (ou d&#8217;une fortification) ultérieur à l&#8217;établissement de la carte de Blaeu, lequel a du être comblé par la suite. La campagne de Schoohoven est parcouru de champs tout en longueur et on s&#8217;aperçoit que ce pays de marchands est ponctué de petites villes établies sur le bord des rivières et des canaux.</p>
<p><a href="http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Blaeu_1652_-_Schoonhoven.jpg" rel="lightbox[5282]"><img class="aligncenter size-full wp-image-5283" title="Blaeu_1652_-_Schoonhoven" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/05/Blaeu_1652_-_Schoonhoven.jpg" alt="" width="600" height="482" /></a></p>
<p><a href="http://maps.google.fr/maps?ie=UTF8&amp;ll=51.946646,4.851408&amp;spn=0.026664,0.077162&amp;t=k&amp;z=14"><img class="aligncenter size-full wp-image-5284" title="schoonhoven" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/05/schoonhoven.jpg" alt="" width="600" height="459" /></a></p>
<h3>Gouda</h3>
<p>Gouda, l&#8217;autre ville du fromage&#8230;<br />
<a href="http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Blaeu_1652_-_Gouda.jpg" rel="lightbox[5282]"><img class="aligncenter size-full wp-image-5288" title="Blaeu_1652_-_Gouda" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/05/Blaeu_1652_-_Gouda.jpg" alt="" width="600" height="462" /></a><a href="http://maps.google.fr/?ie=UTF8&amp;ll=52.012121,4.708929&amp;spn=0.013313,0.054932&amp;t=k&amp;z=15"><img class="aligncenter size-full wp-image-5289" title="Gouda" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/05/Gouda.jpg" alt="" width="600" height="424" /></a></p>
<h3>Veere</h3>
<p>Veere, petite ville cossue qui ressemble tellement à la campagne hollandaise <a href="http://maps.google.com/maps?hl=en&amp;ie=UTF8&amp;ll=51.548633,3.660057&amp;spn=0.006778,0.027466&amp;t=k&amp;z=16&amp;layer=c&amp;cbll=51.548633,3.660057&amp;panoid=nMof19uMUutlCu1DsMh3pw&amp;cbp=12,25.06,,0,-4.78">sous un ciel de Flandres</a>&#8230;</p>
<p><a href="http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Blaeu_1652_-_Veere.jpg" rel="lightbox[5282]"><img class="aligncenter size-full wp-image-5290" title="Blaeu_1652_-_Veere" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/05/Blaeu_1652_-_Veere.jpg" alt="" width="600" height="463" /></a></p>
<p><a href="http://maps.google.com/maps?hl=en&amp;ie=UTF8&amp;ll=51.548217,3.664241&amp;spn=0.006779,0.027466&amp;t=k&amp;z=16"><img class="aligncenter size-full wp-image-5291" title="Veere" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/05/Veere.jpg" alt="" width="600" height="310" /></a></p>
<p>On peut retrouver la totalité des feuilles de l&#8217;atlas numérisée sur le site <a href="http://www.atlasblaeu.com/home/collecties/verhalen/bladeren-door-blaeu/blaeu">atlasblaeu.com</a>, malheureusement intégralement en flamand. Quelques unes sont également disponibles sur <a href="http://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Maps_by_Willem_and_Johannes_Blaeu?uselang=fr">Wikicommons</a>.</p>
<p>D&#8217;autres sites où il est question de Joan Blaeu:</p>
<ul>
<li>Les cartes des Blaeu, père et fils sur le site de <a href="http://www.jpmaps.co.uk/maps/blaeu#themaps">Jonathan Potter</a></li>
<li>Biographie et cartes sur le site de la <a href="http://maps.nls.uk/pont/bio/blaeu.html">National Library of Scotland</a></li>
</ul>
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