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	<title>The Swedish Parrot &#187; Histoires de gens</title>
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		<title>La tolérance de Constantin</title>
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		<pubDate>Wed, 09 May 2012 20:29:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romuald</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoires de gens]]></category>
		<category><![CDATA[antiquité]]></category>
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		<description><![CDATA[En ces temps troublés, il est bon de retourner aux fondamentaux, comme cet édit qui amorça la naissance de l&#8217;Empire Romain d&#8217;Orient. Un texte clair, simple, un édit de tolérance. A partir de ce jour, que celui qui veut suivre &#8230; <a href="http://theswedishparrot.com/la-tolerance-de-constantin/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En ces temps troublés, il est bon de retourner aux fondamentaux, comme cet édit qui amorça la naissance de l&#8217;Empire Romain d&#8217;Orient. Un texte clair, simple, un édit de tolérance.</p>
<p><img class="alignleft  wp-image-6787" title="Constantin" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2012/05/Constantin.jpg" alt="" width="165" height="270" /></p>
<blockquote><p>A partir de ce jour, que celui qui veut suivre la foi chrétienne la suive librement et sincèrement, sans être inquiété ou molesté d&#8217;aucune manière. Nous avons tenu à faire connaître cela à Ton Excellence [le préfet de Nicomédie] pour que tu n&#8217;ignores point que nous avons accordé aux chrétiens la liberté la plus complète, la plus absolue de pratiquer leur culte. Et puisque nous l&#8217;avons accordée aux chrétiens, il doit être clair à Ton Excellence qu&#8217;en même temps est accordée aussi aux adeptes des autres religions le droit plein et entier de suivre leur coutume et leur foi et d&#8217;user de leur liberté de vénérer les dieux de leur choix, cela pour la paix et tranquillité de notre temps.</p></blockquote>
<p style="text-align: right;">Édit de Milan signé par Constantin Ier et Licinius,<br />
empereurs romains en 313,<br />
cité dans LACTANCE, <em>De mortibus persecutorum</em>, 48, 4-8.</p>
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		<title>Empereurs infortunés de Byzance (1) : La couronne maudite du Khazar</title>
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		<pubDate>Mon, 07 May 2012 15:17:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romuald</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoires de gens]]></category>
		<category><![CDATA[Livres et carnets]]></category>
		<category><![CDATA[antiquité]]></category>
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		<description><![CDATA[Monnaie byzantine représentant l&#8217;Empereur Léon IV le Khazar et son père Constantin V Copronyme Parmi les personnages hautement sympathiques qui régnèrent sur Constantinople, on en trouve quelques uns d&#8217;une même lignée qui furent directement impliqués dans la querelle iconoclaste. Petit &#8230; <a href="http://theswedishparrot.com/empereurs-infortunes-de-byzance-1-la-couronne-maudite-du-khazar/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://theswedishparrot.com/empereurs-infortunes-de-byzance-1-la-couronne-maudite-du-khazar/constantine-v-copronymus-with-leo-iv-the-khazar-741-775/" rel="attachment wp-att-6739"><img class="aligncenter size-full wp-image-6739" title="Constantine V, Copronymus, with Leo IV, the Khazar. 741-775" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2012/05/Constantine-V-Copronymus-with-Leo-IV-the-Khazar.-741-775.jpg" alt="" width="728" height="337" /></a></p>
<p style="text-align: center;">Monnaie byzantine représentant l&#8217;Empereur Léon IV le Khazar<br />
et son père Constantin V Copronyme</p>
<p>Parmi les personnages hautement sympathiques qui régnèrent sur Constantinople, on en trouve quelques uns d&#8217;une même lignée qui furent directement impliqués dans la querelle iconoclaste. Petit fils de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9on_III_l%27Isaurien">Léon III l&#8217;Isaurien</a>, fils de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Constantin_V">Constantin V Copronyme</a>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9on_IV_le_Khazar">Léon IV le Khazar</a> fut investi co-empereur par son père à l&#8217;âge de 1 an, et gouverna réellement en 775 à la mort de son père alors qu&#8217;il venait d&#8217;atteindre l&#8217;âge de 25 ans. Corrompu, sans réel charisme, Léon IV a une telle bonne image et une telle présence qu&#8217;on le surnomme le Khazar en raison des origines&#8230; de sa mère. Personnage sans grand intérêt, il tenta de continuer mollement la politique de persécution des adorateurs de saintes images qu&#8217;avait initié son grand-père, sans grande conviction. En revanche, il apparaît comme particulièrement amateur de richesse et de grandeur, au point d&#8217;en devenir complètement malade. Il meurt à l&#8217;âge de 30 ans d&#8217;avoir trop aimé l&#8217;or. En témoigne cet extrait de <strong><em>L’iconoclaste</em></strong> d&#8217;Alain Nadaud :<span id="more-6738"></span></p>
<blockquote><p>Ainsi avide de parures et de bijoux, il avait déjà mis à profit la mort du patriarche Nicétas, au début de l&#8217;année, pour faire main basse sur un certain nombre d&#8217;objets précieux et pièces d’orfèvrerie, appartenant au trésor de Sainte-Sophie, mais qu&#8217;il avait prétendu vouloir mettre à l&#8217;abri. Il s&#8217;en revêtait lors de cérémonies privées, chamarré de breloques et de pendentifs, qui cliquetaient sur lui à chaque geste. A l&#8217;approche de la mort, il s&#8217;infatuait de la sorte, comme pour contrer le destin, se faire un rempart de ce qui passait pour n&#8217;avoir pas de prix. Ainsi d&#8217;une couronne dont il s&#8217;était entiché, assez laide en apparence, mais d&#8217;or massif, sertie d’émeraudes, de perles et de rubis, que même à table ou au lit il se gardait de quitter. Le bandeau en argent qui servait de parement intérieur, mal adapté à la forme de son crâne, usé sur son rebord inférieur et même cabossé en d&#8217;autres endroits, aurait dû être refait et matelassé de soie pourpre. Il s&#8217;y était opposé, prétextant que cette réparation durerait trop longtemps. Et, de fait, cette couronne lui serrait par trop les tempes. Les enchâssements de pierres rares, proéminents sur le pourtour, par le poids déjà considérable du métal, finirent par lui entamer le cuir chevelu. La monture des escarboucles lui griffaient la chair au point de le faire saigner et lui laissa ensuite des blessures qui se mirent à suppurer. Le poison, a-t-on dit, dont on aurait enduit le bandeau d&#8217;argent en son point de frottement avec la peau, mais plus sûrement le charbon, qui avait déjà emporté son père, les transforma en tumeurs. Il eut bientôt la tête ceinte d&#8217;un affreux cercle de plaies noircies et enflées qui formait comme l&#8217;envers de cette couronne infernale, qu&#8217;il avait renoncé à porter mais qu&#8217;il continuait de tenir pressée contre lui. Il en mourut le 7 septembre 780.</p></blockquote>
<p style="text-align: right;"><strong>Alain Nadaud</strong>, L&#8217;Iconoclaste<br />
Editions Quai Voltaire, 1989</p>
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		<title>Aurel Stein, les statues de poussière de l&#8217;oasis de Hotan et les chercheurs de Jade</title>
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		<pubDate>Sat, 31 Mar 2012 07:30:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romuald</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoires de gens]]></category>
		<category><![CDATA[Sur les portulans]]></category>
		<category><![CDATA[archéologie]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
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		<category><![CDATA[sculpture]]></category>

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		<description><![CDATA[Ruines des grottes aux mille Bouddhas de Bezeklik Marc Aurel Stein est un personnage tout à fait fascinant, qui n&#8217;aura eu de cesse d&#8217;arpenter le monde sur les traces de Marco Polo et de la Route de la soie ; &#8230; <a href="http://theswedishparrot.com/aurel-stein-les-statues-de-poussiere-de-loasis-de-hotan-et-les-chercheurs-de-jade/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://theswedishparrot.com/aurel-stein-les-statues-de-poussiere-de-loasis-de-hotan-et-les-chercheurs-de-jade/ruines-de-bezeklik/" rel="attachment wp-att-6541"><img class="aligncenter size-full wp-image-6541" title="Ruines de Bezeklik" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2012/03/Ruines-de-Bezeklik.jpg" alt="" width="800" height="561" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Bezeklik_Thousand_Buddha_Caves">Ruines des grottes aux mille Bouddhas de Bezeklik</a></p>
<p><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Aurel_Stein"><strong>Marc Aurel Stein</strong></a> est un personnage tout à fait fascinant, qui n&#8217;aura eu de cesse d&#8217;arpenter le monde sur les traces de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Marco_Polo">Marco Polo</a> et de la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Route_de_la_soie">Route de la soie</a> ; il n&#8217;y a qu&#8217;à lire <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Aurel_Stein#1900-1901_:_la_premi.C3.A8re_exp.C3.A9dition.2C_relat.C3.A9e_dans_Sand_buried_ruins_of_Khotan_.281903.29">son étonnant parcours</a> pour voir à quel point cela restait chez lui une idée fixe. Archéologue hongrois de naissance, naturalisé britannique, il part en 1900 sur les routes de sables et obtiendra au soir de sa vie le sésame dont il avait toujours rêvé : avoir enfin l&#8217;autorisation de se rendre en Afghanistan, le bout de la route et surtout l&#8217;extrémité orientale de l&#8217;empire d&#8217;<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_le_Grand">Alexandre le Grand</a>. Passé <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Peshawar">Peshawar</a> puis arrivé à <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Kaboul">Kaboul</a>, il s&#8217;éteint brusquement une semaine plus tard.</p>
<p>Arrivé à l&#8217;oasis de <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Hotan">Hotan</a> (ou <em>Khotan</em>) en 1901, dans cette <em>petite</em> oasis chinoise <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ou%C3%AFghours">ouïghoure</a> (petite oasis de 116 000 habitants tout de même) bordant le sud du désert du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Taklamakan">Taklamakan</a>, il découvre de bien étranges statues dans un pays sans pierre. C&#8217;est ce que nous raconte <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Colin_Thubron">Colin Thubron</a> dans <em><strong>L&#8217;ombre de la route de la soie</strong></em> avec une certaine émotion.<span id="more-6517"></span></p>
<p><a href="http://theswedishparrot.com/aurel-stein-les-statues-de-poussiere-de-loasis-de-hotan-et-les-chercheurs-de-jade/aurel-stein-en-chine/" rel="attachment wp-att-6518"><img class="aligncenter size-full wp-image-6518" title="Aurel Stein en Chine - Sanctuaire de Yueyaquan, près de Dunhuang" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2012/03/Aurel-Stein-en-Chine.jpg" alt="" width="900" height="724" /></a></p>
<p style="text-align: center;">Au bord du désert de Taklamakan</p>
<blockquote><p>Le chamelier désigna soudain un point en s&#8217;écriant : « Rawak ! ». On cliqua les yeux pour essayer de distinguer quelque chose dans la lumière éblouissante. A quinze cents mètres environ, plus clair encore que les sables clairs qui l&#8217;entouraient, un bâtiment étincelait dans son isolement. L&#8217;ancien affluent nourricier avait depuis longtemps plongé dans le sous-sol : l&#8217;oasis avait disparu, laissant à ce sanctuaire couleur champagne le soin de déranger seul le désert, avec ses étagements de brique anémiée. Il conservait une gracieuse simplicité, jusque dans son délabrement : monté sur une base en étoile l&#8217;édifice circulaire s&#8217;élevait de quatre côtés, au moyen de marches de plus en plus étroites.<br />
A mesure qu&#8217;on s&#8217;approchait, un tambour<sup>(1)</sup> brisé se profila sur le débris des terrasses, avec sa coupole effondrée et le rectangle d&#8217;un rempart ondula sur le sable. On passa devant la cabane de brindilles d&#8217;un gardien depuis longtemps absent, et nos chameaux s&#8217;agenouillèrent.<br />
On franchit les murs par une porte évanouie. L&#8217;enceinte était à demi noyée sous les dunes qui enfouissaient les remparts ou se répandaient à travers leurs brèches. Le stoupa se dressait devant moi, flou derrière le voile de sable coagulé ; les escaliers s&#8217;effondraient, mais les étages supérieurs dégageaient leurs murailles de brique crème et poussaient vers le ciel leur brillant cylindre privé de dôme.</p></blockquote>
<p><a href="http://theswedishparrot.com/aurel-stein-les-statues-de-poussiere-de-loasis-de-hotan-et-les-chercheurs-de-jade/statues-en-relief-de-rawak/" rel="attachment wp-att-6524"><img class="aligncenter size-full wp-image-6524" title="Statues en relief de Rawak" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2012/03/Statues-en-relief-de-Rawak.jpg" alt="" width="800" height="543" /></a></p>
<p style="text-align: center;">Statues en relief au pied du stupa de Rawak</p>
<blockquote><p>C&#8217;est autour de cette cour à demi enfouie que Stein avait découvert plus de quatre-vingt-dix statues géantes en 1901. Dans ce pays sans pierre, elles avaient été façonnées en stuc sur des armatures de bois : des bouddhas et des bodhisattva grandeur nature, disposés en saillie sur la partie supérieure des murs, qui posaient sur le sol le regard endormi de leurs yeux en amande dans les lourdes têtes, dont beaucoup manquaient. Le tombé des robes moulait les contours des corps, trahissant l&#8217;héritage grec du bassin supérieur de l&#8217;Indus, conquis par Alexandre six cents ans plus tôt.<br />
Mais le bois à l&#8217;intérieur des statues avaient pourri et elles n&#8217;étaient plus que de minces coquilles intransportables. Stein les avait recouvertes de sable à regret — cela avait eu une ressemblance troublante avec un enterrement humain, avait-il noté —, mais quelques années plus tard, des chercheurs de jade chinois en quête de trésors les avaient déterrées et fracassées. Les dunes s&#8217;étaient déplacées et reformées depuis ; elles montaient à présent jusqu&#8217;à une dizaine de mètres au-dessus des murs, ensevelissant tout ce qui pouvait encore s&#8217;y trouver.<br />
Alors que j&#8217;avançais tant bien que mal au pied du mur nord-est, sur lequel pointaient encore des traces de parapet, je distinguai des plaques de ce stuc peint en blanc, qui avait autrefois recouvert le sanctuaire. Et là, contre le rempart lissé, mes mains tremblantes découvrirent le torse d&#8217;une statue, complètement évidé. Gul et le chamelier se reposaient près des bêtes : personne ne partagea avec moi cette furtive violation. La statue était d&#8217;une vulnérabilité saisissante. Le sable s&#8217;en détachait à mon contact et je m&#8217;aperçus que la tête manquait. Ce n&#8217;était plus qu&#8217;une enveloppe d&#8217;argile rouge peinte en rose pâle, présentant des courbes et des cannelures. Je pus tâter des doigts la partie inférieure des robes qui plongeaient brusquement sous la dune. Après quoi je recouvris tout, en prenant soin d&#8217;effacer jusqu&#8217;à mes traces de pas dans le sable. [...]</p></blockquote>
<p style="text-align: right;"><strong>Colin Thubron</strong>, L&#8217;ombre de la route de la soie,<br />
2006, traduction de Katia Holmes</p>
<p><a href="http://theswedishparrot.com/aurel-stein-les-statues-de-poussiere-de-loasis-de-hotan-et-les-chercheurs-de-jade/art-du-gandhara-bodhisattva/" rel="attachment wp-att-6519"><img class="aligncenter  wp-image-6519" title="Art du Gandhara, Bodhisattva" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2012/03/Art-du-Gandhara-Bodhisattva.jpg" alt="" width="450" height="908" /></a></p>
<p style="text-align: center;">Statue du Gandhara, bodhisattva</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>Liens</strong></span> :</p>
<ol>
<li><em><a href="http://stein.mtak.hu/index-en.html">Fascinated by the Orient</a></em>, site hongrois en anglais dédié à Aurel Stein (d&#8217;où viennent les trois photos de ce billet)</li>
<li><a href="http://archive.org/search.php?query=Aurel%20Stein">Œuvres d&#8217;Aurel Stein</a> sur Internet Archive</li>
<li><a href="http://www.doncroner.com/China/Xinjiang/Khotan/Rawak/rawak.html">Récit de voyage au pied du stupa de Rawak (en)</a></li>
<li><a href="http://www.panoramio.com/map/#lt=37.12&amp;ln=79.92&amp;z=6">Photos de l&#8217;oasis de Hotan</a> sur Panoramio</li>
<li><a href="http://g.co/maps/u3rtn">Localisation du stupa de Rawak</a> sur Google Maps</li>
</ol>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Notes</span></strong> :<br />
1 &#8211; Base d&#8217;un dôme.</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>Mémoires européennes du goulag</title>
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		<pubDate>Sat, 17 Mar 2012 07:05:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romuald</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoires de gens]]></category>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est une époque dont on parle avec éloignement car si peu de choses nous y renvoient directement, une fracture du temps aussi douloureuse que la Shoah mais dont on témoigne moins car ceux qui en sont revenus n&#8217;en ont pas &#8230; <a href="http://theswedishparrot.com/memoires-europeennes-du-goulag/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C&#8217;est une époque dont on parle avec éloignement car si peu de choses nous y renvoient directement, une fracture du temps aussi douloureuse que la Shoah mais dont on témoigne moins car ceux qui en sont revenus n&#8217;en ont pas forcément fait état — il fallait bien oublier. Cette période fait partie des heures sombres de l&#8217;Europe, entre 1939 et 1953 où l&#8217;en envoyait des innocents (ou dissidents, mais quelle est la différence ?) &#8220;dans les mines de sel&#8221;, &#8220;en Sibérie&#8221;, à &#8220;Arkhangelsk&#8221;, des noms de lieux qui sonnaient comme des châtiments du jugement dernier. Russes, Polonais, ressortissants des anciens pays baltes annexés par la Russie Sovétique, Tadjidks, Moldaves, Biélorusses ou Ukrainiens, Ouzbeks ou Kazakhs autrefois tous réunis sous la même bannière rouge tachée d&#8217;une faucille et d&#8217;un marteau, sans distinction, étaient envoyés dans ces camps de la mort staliniens dont on a été jusqu&#8217;à nier l&#8217;existence ; les <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Goulag">goulags</a>.</p>
<p><a href="http://museum.gulagmemories.eu/fr/"><img class="aligncenter size-full wp-image-6392" title="Jonas Žemaitis-Vytautas" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2012/03/Jonas-Žemaitis-Vytautas.jpg" alt="" width="455" height="350" /></a></p>
<p style="text-align: center;">Jonas Žemaitis-Vytautas, général des partisans avec ses compagnons d’armes,<br />
autour de 1948.<span id="more-6391"></span></p>
<p>Pour le première fois, un site internet rapporte les témoignages de 160 anciens déportés qui ont parlé, souvent dans leur langue maternelle, parfois dans la langue du pays qui les a accueilli, avec documents personnels à l&#8217;appui, photos, lettres, témoins d&#8217;un passé déchirant. Une plongée dans les heures sombres, avec au bout du tunnel l&#8217;impression que la vie a tenu bon&#8230;<br />
<a href="http://museum.gulagmemories.eu/fr">Archives sonores, mémoires européennes du goulag</a>.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://museum.gulagmemories.eu/fr/"><img class="aligncenter size-full wp-image-6393" title="carte postale" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2012/03/carte-postale.jpg" alt="" width="828" height="637" /></a></p>
<p style="text-align: center;">Recto d&#8217;une carte envoyée de Paris, à la mère de Micheline Herc au Kazakhstan, arrivée le 21/11/1945</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://museum.gulagmemories.eu/fr/"><img class="aligncenter size-large wp-image-6394" title="micheline herc" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2012/03/micheline-herc-1024x788.jpg" alt="" width="584" height="449" /></a>Le grand-père maternel de Micheline Herc, Mikhaïl Model,<br />
avant la Première guerre mondiale</p>
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		<title>Les piliers d&#8217;Ashoka</title>
		<link>http://theswedishparrot.com/les-piliers-dashoka/</link>
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		<pubDate>Tue, 14 Feb 2012 05:31:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romuald</dc:creator>
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		<category><![CDATA[religion]]></category>

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		<description><![CDATA[Pilier d&#8217;Ashoka de Lauriya Nandangarh Ashoka (ou Açoka, अशोक en hindi), troisième empereur de la dynastie Maurya qui s&#8217;est installée en Inde juste après le retrait des armées d&#8217;Alexandre le Grand, est un des personnages les plus importants de l&#8217;histoire &#8230; <a href="http://theswedishparrot.com/les-piliers-dashoka/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2012/02/pilier-dAshoka-de-Lauriya-Nandangarh.jpg" rel="lightbox[6165]"><img class="aligncenter" title="pilier d'Ashoka de Lauriya Nandangarh" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2012/02/pilier-dAshoka-de-Lauriya-Nandangarh.jpg" alt="" width="427" height="536" /></a>Pilier d&#8217;Ashoka de Lauriya Nandangarh</p>
<p><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ashoka">Ashoka</a> (ou Açoka, <strong>अशोक</strong> en hindi), troisième empereur de la dynastie <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Maurya">Maurya</a> qui s&#8217;est installée en Inde juste après le retrait des armées d&#8217;Alexandre le Grand, est un des personnages les plus importants de l&#8217;histoire de l&#8217;Inde car il est considéré comme le premier fédérateur de l&#8217;état, autrefois composé de petites principautés. Au IV<sup>ème</sup> siècle av. J.-C., il réussit à instaurer une certaine stabilité dans le royaume et fait graver sur des rochers et des piliers disséminés dans le pays les lois qui gouvernent son pays, ainsi que des récits de conversion au bouddhisme dont il est un des grands prosélytes. Ashoka a laissé son empreinte dans le territoire au point que son emblème se trouve aujourd&#8217;hui au cœur du drapeau du pays, dans le symbole du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Dharmacakra"><em>dharmacakra</em></a> (<strong>धर्मचक्र</strong> en sanskrit), un des <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ashtamangala">huit symboles auspicieux</a>, représenté par une roue de chariot symbolisant l’enseignement de Bouddha sur le chemin de l&#8217;éveil. Le plus célèbre des piliers d&#8217;Ashoka est celui de Sārnāth (hindî : <strong>सारनाथ</strong>), dont il ne reste plus aujourd&#8217;hui que le chapiteau, surmonté d&#8217;une fleur de lotus renversée (symbole de le vie naissante et fertile) sur lequel repose un abaque ornée de quatre dharmacakra espacés par des petits animaux représentant les quatre points cardinaux. Au-dessus de cet abaque se trouvent quatre lions représentant les quatre vertus du bouddhisme.<br />
Tous les piliers ne sont pas décorés avec autant de détails et pour certains, les (ou le) lions sont manquants. Le plus étrange est assurément celui de Mehrauli qui, malgré sa composition en fer, ne porte aucune trace de corrosion.<span id="more-6165"></span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2012/02/Pilier-dAshoka-de-Sarnath.jpg" rel="lightbox[6165]"><img class="aligncenter size-full wp-image-6170" title="Pilier d'Ashoka de Sarnath" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2012/02/Pilier-dAshoka-de-Sarnath.jpg" alt="" width="292" height="650" /></a>Chapiteau de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Sarnath">Sarnath</a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2012/02/pilier-dAshoka-de-Mehrauli-en-fer.jpg" rel="lightbox[6165]"><img class="aligncenter  wp-image-6168" title="pilier d'Ashoka de Mehrauli en fer" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2012/02/pilier-dAshoka-de-Mehrauli-en-fer.jpg" alt="" width="600" height="398" /></a>Pilier d&#8217;Ashoka de <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Mehrauli">Mehrauli</a> &#8211; détail du chapiteau<br />
(ce pilier est composé de fer à 99%, ce qui révèle un savoir-faire<br />
très élaboré, et ne porte aucune trace de corrosion)</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2012/02/Pilier-dAshoka-de-Mehrauli-plain.jpg" rel="lightbox[6165]"><img class="aligncenter size-full wp-image-6176" title="Pilier d'Ashoka de Mehrauli plain" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2012/02/Pilier-dAshoka-de-Mehrauli-plain.jpg" alt="" width="292" height="564" /></a>Pilier d&#8217;Ashoka de Mehrauli (dans le complexe du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Qutb_Minar">Qutb Minar</a>)</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2012/02/pilier-dAshoka-de-Vaishali.jpg" rel="lightbox[6165]"><img class="aligncenter size-full wp-image-6167" title="pilier d'Ashoka de Vaishali" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2012/02/pilier-dAshoka-de-Vaishali.jpg" alt="" width="550" height="413" /></a>Pilier d&#8217;Ashoka de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Vaishali">Vaishali</a></p>
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		<title>La vie privée des Anciens par René Ménard</title>
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		<pubDate>Sun, 12 Feb 2012 13:21:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romuald</dc:creator>
				<category><![CDATA[Arts]]></category>
		<category><![CDATA[Histoires de gens]]></category>
		<category><![CDATA[antiquité]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[littérature]]></category>

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		<description><![CDATA[Voici une somme documentaire inestimable et d&#8217;une grande qualité sur l&#8217;histoire des civilisations. Également abondamment illustrée, la vie privée des anciens écrit par René Ménard est un ouvrage s&#8217;intéressant aux aspects sociaux des civilisations, composé à une époque où l&#8217;on &#8230; <a href="http://theswedishparrot.com/la-vie-privee-des-anciens-par-rene-menard/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2012/02/festin-du-roi-Assarhaddon.jpg" rel="lightbox[6157]"><img class="aligncenter size-full wp-image-6158" title="festin du roi Assarhaddon" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2012/02/festin-du-roi-Assarhaddon.jpg" alt="" width="609" height="541" /></a></p>
<p>Voici une somme documentaire inestimable et d&#8217;une grande qualité sur l&#8217;histoire des civilisations. Également abondamment illustrée, <em><strong>la vie privée des anciens</strong></em> écrit par René Ménard est un ouvrage s&#8217;intéressant aux aspects sociaux des civilisations, composé à une époque où l&#8217;on est plutôt en mal de sensations et où se développe l&#8217;orientalisme et les plus grands cabinets de curiosités. En effet, l&#8217;ouvrage date de 1880, mais reste une source fiable et radicalement objective sur les comportements intimes des sociétés qui nous ont précédées. <strong><a href="http://www.inha.fr/spip.php?article2451">René Ménard</a></strong>, historien de l&#8217;art, est le parfait exemple du savant a réussi le pont entre deux sciences au travers de l&#8217;histoire ; l&#8217;art et la sociologie.<br />
Sur Archive.org sont disponibles les quatre tomes de cette superbe œuvre:</p>
<ol>
<li><a href="http://www.archive.org/details/lavieprivedesa01mnuoft">Les peuples</a></li>
<li><a href="http://www.archive.org/details/lavieprivedesa02mnuoft">La famille</a></li>
<li><a href="http://www.archive.org/details/lavieprivedesa03mnuoft">Le travail</a></li>
<li><a href="http://www.archive.org/details/lavieprivedesa04mnuoft">Les institutions</a></li>
</ol>
<p><a href="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2012/02/déesse-Anouké-allaitant-un-pharaon.jpg" rel="lightbox[6157]"><img class="aligncenter size-full wp-image-6159" title="déesse Anouké allaitant un pharaon" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2012/02/déesse-Anouké-allaitant-un-pharaon.jpg" alt="" width="281" height="611" /></a></p>
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		<title>Sept femmes (Vénus du gravettien)</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Dec 2011 22:24:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romuald</dc:creator>
				<category><![CDATA[Arts]]></category>
		<category><![CDATA[Histoires de gens]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[préhistoire]]></category>
		<category><![CDATA[sculpture]]></category>

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		<description><![CDATA[De mémoire d&#8217;humain, les premières représentations humaines retrouvées parmi les fouilles archéologiques du paléolithique supérieur ne sont pas des représentations masculines, mais bel et bien féminines. On pourrait être amené à croire que l&#8217;être humain, dans le développement de son &#8230; <a href="http://theswedishparrot.com/sept-femmes-venus-du-gravettien/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>De mémoire d&#8217;humain, les premières représentations humaines retrouvées parmi les fouilles archéologiques du paléolithique supérieur ne sont pas des représentations masculines, mais bel et bien féminines. On pourrait être amené à croire que l&#8217;être humain, dans le développement de son intellect aurait représenté en premier lieu ce qu&#8217;il avait sous les yeux, c&#8217;est-à-dire son <em>alter ego</em>, lui-même, mais il n&#8217;en a rien fait, il a commencé par représenter l&#8217;animal <a title="Prémices du style (l’animal aurignacien)" href="http://theswedishparrot.com/premices-du-style-lanimal-aurignacien/">comme vu précédemment</a>, c&#8217;est en tout cas une supposition facile puisque ce sont les seuls vestiges de cette époque parvenus jusqu&#8217;à nous. Concernant le pariétal, mais pour d&#8217;autres raisons (<a title="Ceux qui ornaient les parois de cavernes d’animaux, les chamanes de la préhistoire" href="http://theswedishparrot.com/ceux-qui-ornaient-les-parois-de-cavernes-danimaux-les-chamanes-de-la-prehistoire/">voir cet article</a>), les humains ne sont que très peu représentés. Ici, la femme est donc en première position et la raison en est simple. Dans un contexte où les éléments naturels ont une vertu magique, la femme, génitrice, symbole de fécondité, mère protectrice et préceptrice jusqu&#8217;à l&#8217;âge adulte, est magnifiée dans les formes qui la font reconnaître comme étant le médium de la conservation de l&#8217;espèce. Il est de notoriété commune que l&#8217;éthologie sexuelle met en lumière la recherche des attributs sexuels primaires évidents comme des signes de reconnaissance des meilleures conditions possibles de reproduction (seins volumineux aux aréoles proéminentes, hanches larges et clairement dessinées, cambrure marquée, fesses rondes, cuisses robustes sont autant d&#8217;assurances que la personne sera à même de supporter une grossesse, de la mener à son terme et de nourrir sa progéniture dans les meilleures dispositions). C&#8217;est donc tout naturellement que la femme est un symbole fort, présent dans toutes les formes primitives de l&#8217;art comme un canon. Pendant tout un pan de l&#8217;histoire de l&#8217;humanité — aurignacien (37 000 à 28 000 BP<sup>1</sup>), gravettien (29 000 à 22 000 BP), solutréen (22 000 à 17 000 BP), magdalénien (17 000 à 10 000 BP) — , ce qui nous est parvenu consiste en de très belles productions stylisées, dans le prolongement de ce qui nous a été laissé en terme de production artistique naturaliste. Sept femmes, sept Vénus célèbres qui sont autant d&#8217;hymnes à la femme, à l&#8217;art et à la nature humaine, classées par âge.<span id="more-5806"></span></p>
<h1>Vénus de Hohle Fels (ou de Schelklingen)</h1>
<p>Mise au jour en 2008 dans le Jura souabe, elle remonte à une période allant de 35000 à 40000 BP, mesure 59 mm de haut sur 34 de large pour 33 grammes. Taillé dans de l&#8217;ivoire de mammouth laineux, c&#8217;est le plus ancien témoignage représentant une femme. On suppose qu&#8217;elle était montée en pendentif et porte des motifs sous forme d&#8217;incisions représentant certainement un maillage vestimentaire. Les <a href="http://www.nature.com/nature/journal/v459/n7244/fig_tab/nature07995_F3.html">microphotographies</a> relevées montrent une grande variété de traitement de surface. On peut également voir une incision symbolisant la vulve, de manière prononcée.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-5829" title="Pracht_1.tif" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/12/venus-hohle-fels.jpg" alt="" width="581" height="881" /><img class="aligncenter size-full wp-image-5830" title="venus hohle fels 2" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/12/venus-hohle-fels-2.jpg" alt="" width="518" height="877" /></p>
<h1>Vénus de Galgenberg</h1>
<p>Cette petite statue de stéatite verte a cette particularité d&#8217;avoir quelques temps tenu la place de plus ancienne représentation féminine, avant d&#8217;être supplanté par celle de Hohle Fels. Elle mesure 72 mm de haut et pèse 10 grammes. Trouvée en 1988 dans un abri de chasseur, elle est estimée à 30000 BP. Figure stylisée, elle exalte un peu moins les formes féminines que ses congénères.</p>
<h1><img class="aligncenter size-full wp-image-5831" title="Venus de Galgenberg" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/12/Venus-de-Galgenberg.jpg" alt="" width="544" height="1083" /></h1>
<h1 id="firstHeading">Vénus de Dolní Věstonice</h1>
<p>Découverte en 1925 en Moravie, c&#8217;est la plus ancienne céramique (argile cuite) connue, mais c&#8217;est surtout la seule Vénus produite dans cette matière. Haute de 111 mm et large de 43 mm, elle est datée entre 29 000 et 25 000 BP. Représentée les bras joints dans le dos, ses seins sont étirés à l&#8217;extrême et son nombril fortement marqué. Un examen minutieux a révélé l&#8217;empreinte digitale d&#8217;un jeune adolescent avant cuisson.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-5834" title="Vénus de Dolní Věstonice" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/12/V%C3%A9nus-de-Doln%C3%AD-V%C4%9Bstonice.jpg" alt="" width="852" height="1414" /> Le site de Dolní Věstonice a également révélé certaines autres figures tout à fait particulières, montrant à quel point la stylisation a été poussée à son paroxysme avec ces deux représentations féminines pouvant être confondues avec des organes génitaux masculins.</p>
<h1><img class="aligncenter size-full wp-image-5835" title="Dolní Věstonice - femme 1" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/12/Doln%C3%AD-V%C4%9Bstonice-femme-1.jpg" alt="" width="242" height="245" /><img class="aligncenter size-full wp-image-5836" title="Dolní Věstonice - femme 2" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/12/Doln%C3%AD-V%C4%9Bstonice-femme-2.jpg" alt="" width="400" height="1436" />Dame de Brassempouy (ou dame à la capuche)</h1>
<p>Découverte en 1894, c&#8217;est la plus petite des Vénus avec 36mm de haut pour 22 de large, mais on n&#8217;en a retrouvé que la tête. On imagine que les proportions sont plus réalistes que ses congénères, mais elle reste un modèle unique en son genre. Son visage est fin, et la stylisation concerne les traits du visages, nez et arcades, mais la bouche et les yeux sont absents. Datée entre 29000 et 22000 BP, on peut la voir au <a href="http://www.musee-archeologienationale.fr/">Musée des Antiquités Nationales à Saint-Germain-en-Laye</a>.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-5837" title="dame de Brassempouy" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/12/dame-de-Brassempouy.jpg" alt="" width="622" height="1119" /><img class="aligncenter size-full wp-image-5838" title="dame de Brassempouy 1" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/12/dame-de-Brassempouy-1.jpg" alt="" width="630" height="1119" /></p>
<h1>Vénus de Lespugue</h1>
<p>Vénus <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/St%C3%A9atopygie">stéatopyge</a> par excellence, elle a été découverte en 1922 et a été datée entre 26000 et 24000 BP. Fortement endommagée par un coup de pioche (qui révèle la subtilité de certaines méthodes archéologiques en des temps pas si éloignés), elle mesure après reconstitution 147 mm de haut et 60 mm de large. De formes <em>a priori</em> disproportionnées, elle représente le canon paléolithique inclus dans un losange ; ses seins et ses fesses sont surdimensionnés, sa tête et ses pieds, réduits à leur plus simple expression. Elle porte également un pagne visible de derrière.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-5833" title="Vénus de Lespugue" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/12/V%C3%A9nus-de-Lespugue.jpg" alt="" width="500" height="449" /></p>
<h1>Vénus de Tursac</h1>
<p>C&#8217;est certainement la plus intriguante de toutes. Haute de 80mm, elle est taillée dans un bloc de calcite translucide, elle n&#8217;a plus (en eut-elle un jour ?) ni tête, ni bras, et se trouve recroquevillée dans une position accroupie (ressemblant quelque peu à la Vénus de Sireuil<sup>2</sup>) et repose sur un appendice dont on ne saurait trop affirmer la nature, qui n&#8217;est peut-être que le prolongement des jambes.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-5840" title="vénus de Tursac" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/12/v%C3%A9nus-de-Tursac.jpg" alt="" width="457" height="909" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<h1>Vénus de Willendorf</h1>
<p>Haute de 110mm et taillée dans le calcaire, c&#8217;est une des Vénus les plus formées qui soit et fait partie des Vénus stéatopyges. Portant une poitrine énorme sur laquelle reposent deux bras malingres et des mains très fines, sa tête est toute entière représentée sous un motif de boucles ou de tresses enroulées. Découverte en 1908, on estime sa création à 23000 BP. Ses rondeurs et sa perfection stylistique en fait un des objets les plus connus et les plus représentatifs de cette époque.</p>
<h1><img class="aligncenter size-full wp-image-5832" title="venus de Willendorf" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/12/venus-de-Willendorf.jpg" alt="" width="650" height="867" /></h1>
<p><strong>Notes</strong> :<br />
1- Les datations absolues concernant l&#8217;archéologie à l&#8217;aide du carbone 14 ne sont plus exprimées en années <em>avant Jésus-Christ</em> ou <em>avant notre ère</em>, mais en <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Before_present">années BP</a> (<em>before present</em>, c&#8217;est à dire <em>avant le présent</em>), notion qui trouve plus de légitimité dans la communauté scientifique en raison de son objectivité.<br />
2- D&#8217;autres Vénus, <a title="Vénus et autres Vénus" href="http://theswedishparrot.com/venus-et-autres-venus/">sur cet article</a>&#8230;</p>
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		<title>Ka mate (je suis en vie)</title>
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		<pubDate>Mon, 31 Oct 2011 10:02:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romuald</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoires de gens]]></category>
		<category><![CDATA[danse]]></category>
		<category><![CDATA[religion]]></category>
		<category><![CDATA[tradition]]></category>

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		<description><![CDATA[Les légendes racontent parfois de belles histoires, à l&#8217;opposé des cinq mille versions qu&#8217;on peut entendre partout lors des matches de rugby&#8230; Le haka n&#8217;est pas du tout un chant guerrier, ni un chant de bienvenue comme on n&#8217;arrête pas &#8230; <a href="http://theswedishparrot.com/ka-mate-je-suis-en-vie/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-5726" title="Te Rauparaha" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/10/Te-Rauparaha.jpg" alt="" width="407" height="486" /></p>
<p>Les légendes racontent parfois de belles histoires, à l&#8217;opposé des cinq mille versions qu&#8217;on peut entendre partout lors des matches de rugby&#8230; Le haka n&#8217;est pas du tout un chant guerrier, ni un chant de bienvenue comme on n&#8217;arrête pas de nous le rabâcher, ni non plus un chant qui remonte à des temps immémoriaux mais bien un chant de joie qui célèbre un sauveur, une histoire de gloire qui date du XIXè siècle&#8230; Version originale du <em>ka mate</em> :</p>
<p>On raconte que, vers 1820, le chef māori <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Te_Rauparaha">Te Rauparaha</a> venait d&#8217;échapper à une tribu ennemie, le Ngati Tuwharetoa. Les guerriers du Ngati Tuwharetoa approchaient. Te Rauparaha entendait déjà leurs incantations, quand il rencontra Te Wharerangi, chef de la région Rotoaira, et lui demanda sa protection. Te Whareangi, d&#8217;abord hésitant, permit finalement à Te Rauparaha de se cacher dans son &#8220;kumara pit&#8221;, un genre de fosse où les Māoris stockaient leurs kumaras (patates douces).<br />
La tribu ennemie se rapprochait encore et Te Rauparaha, bien que caché au fond de la fosse, était certain d&#8217;être découvert et tué ; il se répétait tout bas « je meurs, je meurs ».<br />
Quand il se rendit compte que ses ennemis ne l&#8217;avaient pas trouvé, Te Rauparaha se mit à crier &#8220;Ka Ora, Ka Ora ! je vis, je vis ! L&#8217;homme « poilu » qui est allé chercher le soleil l&#8217;a fait briller à nouveau ! Le soleil brille&#8221;. (Te Rauparaha parlait de Te Wharerangi, qui était célèbre pour son corps très velu.)<br />
Littéralement , &#8220;Upane&#8221; veut dire « marches ». Peut-être Te Rauparaha criait-il &#8220;upane&#8221; à chaque marche gravie pendant son retour vers le grand soleil et la liberté. Une fois sorti de la fosse, Te Rauparaha aurait dansé son Haka de joie devant les deux chefs, Te Wharerangi et Te Rangikoaea.<br />
Voici les paroles du <em>Ka mate</em> en māori et en français  : Paroles originales du haka Ka Mate :</p>
<blockquote><p>Ringa Pakia Uma Tiraha<br />
Turi whatia<br />
Hope whai ake<br />
Waeuwae takahia kia kino<br />
Ka mate ! Ka mate !<br />
Ka ora ! Ka ora !<br />
Tenei te tangata puhuruhuru<br />
Nana nei i tiki mai, whakawhiti te ra<br />
A hupane ! A kaupane !<br />
A hupane ! A kaupane !<br />
Whiti te ra !<br />
Hi !</p></blockquote>
<p>Traduction des paroles du haka Ka Mate :</p>
<blockquote><p>Frappez des mains sur les cuisses<br />
Que vos poitrines soufflent<br />
Pliez les genoux<br />
Laissez vos hanches suivre le rythme<br />
Tapez des pieds aussi fort que vous pouvez<br />
C&#8217;est la mort ! C&#8217;est la mort !<br />
C&#8217;est la vie ! C&#8217;est la vie !<br />
Voici l&#8217;homme poilu<br />
Qui est allé chercher le soleil, et l&#8217;a fait briller de nouveau<br />
Faites face ! Faites face en rang !<br />
Faites face ! Faites face en rang !<br />
Soyez solides et rapides devant le soleil qui brille !&#8221;</p></blockquote>
<p>Source <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ka_mate">Wikipedia</a></p>
<p><a href="http://news.bbc.co.uk/2/hi/in_depth/7883852.stm">Haka dans les studios de la BBC</a></p>
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		<title>La seule statue de Cheops</title>
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		<pubDate>Fri, 21 Oct 2011 04:57:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romuald</dc:creator>
				<category><![CDATA[Arts]]></category>
		<category><![CDATA[Histoires de gens]]></category>
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		<category><![CDATA[Égypte]]></category>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est un triste coup du coup du sort que de penser que celui qui fut le plus grand bâtisseur, c&#8217;est-à-dire celui qui fit bâtir la plus grande et la plus haute des pyramides du monde égyptien, connu sous le nom &#8230; <a href="http://theswedishparrot.com/la-seule-statue-de-cheops/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-5674" title="statue de Khufu-307889-JE36143" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/10/khufu.jpg" alt="" width="341" height="567" /></p>
<p>C&#8217;est un triste coup du coup du sort que de penser que celui qui fut le plus grand bâtisseur, c&#8217;est-à-dire celui qui fit bâtir la plus grande et la plus haute des pyramides du monde égyptien, connu sous le nom de Chéops (Khufu), dont on pense, sans certitude, que le sphinx allongé au pied de sa pyramide a été exécutée avec son visage pour médèle, c&#8217;est un triste coup du sort que de penser que sa pyramide a été pillée dès la période de l&#8217;Ancien Empire et qu&#8217;il ne reste plus de lui que cette statue, son seul portrait connu, exposé au British Museum, et aussi l&#8217;une des représentations les plus petites de pharaon de cette période, puisqu&#8217;elle mesure exactement&#8230; 7,5cm.</p>
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		<title>Tigres, femmes, joueurs de mah-jong et fumeurs d&#8217;opium</title>
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		<pubDate>Sun, 17 Jul 2011 21:54:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Romuald</dc:creator>
				<category><![CDATA[Histoires de gens]]></category>
		<category><![CDATA[Livres et carnets]]></category>
		<category><![CDATA[Sur les portulans]]></category>
		<category><![CDATA[Chine]]></category>
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		<category><![CDATA[île]]></category>
		<category><![CDATA[voyage]]></category>

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		<description><![CDATA[Lorsque Joseph Kessel nous emmène à Hong-Kong, il ne nous laisse pas à la gare avec nos valises en nous donnant rendez-vous dans le hall d&#8217;un quelconque hôtel de seconde zone, ce n&#8217;est pas le genre, il nous emmène là &#8230; <a href="http://theswedishparrot.com/tigres-femmes-joueurs-de-mah-jong-et-fumeurs-dopium/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Lorsque <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Kessel">Joseph Kessel</a> nous emmène à Hong-Kong, il ne nous laisse pas à la gare avec nos valises en nous donnant rendez-vous dans le hall d&#8217;un quelconque hôtel de seconde zone, ce n&#8217;est pas le genre, il nous emmène là où ceux avec qui il a voyagé l&#8217;ont emmené, dans les lieux éloignés des touristes, là où on n&#8217;oserait pas mettre les pieds sans avoir contacté au préalable son ambassade.</p>
<p>Il nous emmène sur les hauteurs de l&#8217;île, vers la tour qui surplombe la ville et attire le regard. On apprend que celui qui a fait construire ces jardins n&#8217;est autre que l&#8217;inventeur du fameux baume du tigre, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Aw_Boon_Haw">Aw Boon Haw</a>, un Birman expatrié en Chine qui avait vite compris que pour vendre, il fallait maîtriser les médias et la publicité. Il acheta donc plusieurs journaux et développa un véritable empire à la Murdoch, largement soutenu par le commerce de l&#8217;opium dont il était un des piliers.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-5435" title="tiger balm king" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/07/tiger-balm-king1.jpg" alt="" width="755" height="1010" />La visite des jardins qu&#8217;il fit construire démontre que l&#8217;homme n&#8217;avait pas forcément bon goût.</p>
<p><img title="tiger balm pagoda" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/07/tiger-balm-pagoda-1024x720.jpg" alt="" width="584" height="410" /></p>
<blockquote><p>La tour qui, d&#8217;abord, avait fixé mon attention, n&#8217;avait en elle-même rien d&#8217;extraordinaire. Par contre, ce qui se trouvait aux alentours semblait relever d&#8217;un cauchemar burlesque et monstrueux.<br />
C&#8217;était une vaste propriété, mais disposée en hauteur, parce qu&#8217;elle s&#8217;accrochait, comme tout domaine à Hong-Kong, au flanc du roc abrupt. On y accédait par un premier escalier assez raide, qui partait de la route pour aboutir à la terrasse d&#8217;une grande et somptueuse maison d&#8217;habitation, cernée de fleurs et munie d&#8217;une piscine. Après quoi, l&#8217;on débouchait sur un terre-plein et aussitôt la folie commençait.<br />
Car de là, dans un fouillis au premier abord inextricable, partaient en toutes directions sentiers et pistes, gradins et degrés, arcades et galeries, allées et rampes qui, grimpant, descendant, tournant en spirales, se mêlant, s&#8217;enchevêtrant, revenant au point de départ, composaient un dédale informe, un labyrinthe aplati contre une paroi de falaise. Et derrière chaque pierre, sous chaque arbre, le long de chaque escalier, entre les colonnes, dans les pavillons et les kiosques innombrables, au fond des arcades, au milieu des massifs de fleurs, debout, assis, agenouillés, couchés, tordus, lovés, gesticulant, ricanant, grimaçant, menaçant, peints, sculptés, taillés dans le fer-blanc, la porcelaine, l&#8217;os, le bois, la cire, l&#8217;argile, le plâtre, le stuc, monochromes, polychromes, isolés en groupes, en masses, en foules, grouillaient, fourmillaient d&#8217;une existence frénétique et silencieuse, des personnages humains et bestiaux, des divinités,d es monstres, des démons et des symboles.<br />
Les dragons énormes dressaient leur gueule flamboyante au-dessus de l&#8217;herbe qui tapissait une éminence.<br />
Un troupeau d&#8217;éléphants, trompes, oreilles, épaules et défenses confondues dans un affrontement immobile, servait de soubassement à une grande galerie ouverte, divisée par des colonnes.<br />
Dans les niches, logeaient des squelettes sur lesquels souriaient des visages extatiques, et des guerriers barbus, et des sorciers à long bonnet en pointe, et des rois couverts de parures, et des hideuses femmes nues, dont le ventre était lourd de fécondités malsaines.<br />
Plus loin, un lapin démesuré en porcelaine blanche semblait sortir de plantes grasses. Sous des arbres s&#8217;ébattaient des singes de plâtre aux museaux outranciers. Puis tout à coup, l&#8217;on voyait sur une pelouse un vieux monsieur chinois à jaquette verte adresser une sourire de Musée Grévin à une jeune fille en robe de brocart.<br />
Et à mesure que l&#8217;on montait, montait sans fin, le long des sentiers qui se croisaient, se nouaient et se dénouaient autour de l&#8217;axe du rocher, on découvrait sans cesse de nouveaux asiles, des nouveaux refuges — grottes en rocaille, socles contournés, kiosques d&#8217;une préciosité horrible, pavillons posés de guingois pour un peuple de peintures, de statues, de figurines incroyables par leur nombre, leur variété, leur violence, leur laideur, leur obscénité.<br />
Des arbustes, des buissons torturés, des plantes infléchies contre nature, toute une végétation naine, artificiellement plantée et formée, mise au jour comme par supplice, entourait, encadrait ce monde en miniature de monstres, de succubes, d&#8217;animaux humains, d&#8217;hommes-chiens, oiseaux, serpents,  limaces, lézards, cet univers d&#8217;êtres innommables.<br />
C&#8217;était un chaos, un enfer, un panthéon, un pandémonium, une mythologie de cauchemar. Tout y faisait songer aux fruits de la fièvre, du délire, de la démence.</p></blockquote>
<p>Aw Boon Haw passe pour avoir été un personnage odieux, un tyran. C&#8217;est en tout cas le portrait qu&#8217;en fait Harry Ling, le compagnon de route de Kessel.</p>
<blockquote><p>Au physique : trapu, massif, le cou bref, un masque immobile. Des yeux d&#8217;une acuité presque insoutenable. Un mangeur terrifiant.<br />
Au moral : un tyran capricieux, n&#8217;ayant que deux passions : les affaires et les femmes. D&#8217;une prodigalité sans limites, pour l&#8217;ostentation, pour « la <em>face</em> ». D&#8217;une monstrueuse avarice pour ceux qui le servaient.</p></blockquote>
<p><img class="aligncenter size-large wp-image-5426" title="An Boon Haw" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/07/an-boon-haw-1024x673.jpg" alt="" width="584" height="383" /></p>
<p>L’œil s&#8217;amuse du portrait fait de son épouse, que la photo vient renforcer&#8230;</p>
<blockquote><p>[La photographie] représentait, au milieu de deux compagnes plus jeunes et au sourire charmant, une femme d&#8217;âge mûr, très petite et très râblée. Le visage était rond, aplati et le nez camus chevauché de lunettes à montures métallique. Mais il y avait sur tous les traits et, singulièrement, dans le vaste front bombé et dans une bouche ferme et précise, l&#8217;expression d&#8217;une intelligence profonde et d&#8217;une énergie presque dure.</p></blockquote>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-5427" title="mme An Boon Haw" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/07/mme-an-boon-haw.jpg" alt="" width="669" height="482" /></p>
<p>Hong-Kong tel que nous le brosse Kessel, est une ville sombre et bruyante, crasseuse, boueuse et n&#8217;a rien avec l&#8217;idée qu&#8217;on s&#8217;en fait aujourd&#8217;hui. En 1957, c&#8217;est encore une ville puzzle que l&#8217;administration britannique a du mal à contenir. Tout y est interdit, la prostitution, l&#8217;opium, et même le mah-jong dont le bruit fait par les tuiles plaquées contre les tables envahit les rues, mais en réalité, tout y prospère avec la force d&#8217;un tigre, surtout lorsqu&#8217;on pose des billets sur les paupières des policiers. Fait étrange, l&#8217;ancienne <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Citadelle_de_Kowloon">citadelle de Kowloon City</a> est une véritable zone de non-droit qui n&#8217;appartient à personne. Tous les truands et assassins s&#8217;y rassemblent et lorsque la police y cherche quelqu&#8217;un, elle commissionne d&#8217;autres assassins pour le rabattre jusqu&#8217;aux portes de la ville. En 1987, lorsqu&#8217;elle commence à être détruite, sa densité de population est de 1 923 076 habitants au km², ce qui en fait le quartier le plus densément peuplé du monde.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-5436" title="kowloon city" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/07/kowloon-city.jpg" alt="" width="711" height="514" />Avant d&#8217;arriver au village isolé de Rennie Mills (aujourd&#8217;hui <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Tiu_Keng_Leng">Tiu Keng Leng</a>) et son cortège de vieux nationalistes nostalgiques de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Tchang_Ka%C3%AF-chek">Tchang Kaï-Chek</a> dont le nom est écrit à la chaux en immenses lettres blanches dans la colline, où les femmes ont encore les pieds compressés dans d&#8217;immondes bandelettes, nous arrivons dans les ruelles boueuses d&#8217;une ville morte, hantée par les fumeries d&#8217;opium — la <em>« boue étrangère</em> », trafic organisé — qui dévore les corps et transforme les villes en refuges d&#8217;ombres.</p>
<blockquote><p>Je montai dans l&#8217;une des voiturettes. Georges — très léger — et le fumeur d&#8217;opium, dont le corps n&#8217;était qu&#8217;un sac d&#8217;ossements, se tassèrent dans l&#8217;autre.<br />
Les <em>rickshaws</em>, d&#8217;un bref coup de reins, détachèrent les roues de l&#8217;ornière boueuse et prirent leur élan. Ils semblaient avancer sans peine d&#8217;une allure régulière, rythmée, aisée. Leurs pieds nus ne faisaient qu&#8217;un bruit très faible.<br />
Course irréelle, course de songe&#8230; Le clair-obscur des rues&#8230; Les misérables maisons blanchâtres&#8230; Des ombres humaines allant où et pourquoi ? Des troupes d&#8217;enfants tapis contre les murs comme de petits animaux traqués ou perdus&#8230; Soudain un marché en plein air, illuminé de quinquets, avec ses vendeurs hâves, haillonneux. Et puis de nouveau la pénombre&#8230; des terrains vagues&#8230; et encore des bâtisses. Et la nuque ployée du <em>rickshaw</em>&#8230; ses bras liés aux brancards, aussi rigides, aussi maigres. Et le son léger, cadencé, des pieds nus&#8230;</p></blockquote>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-5431" title="rickshaws" src="http://theswedishparrot.com/wp-content/uploads/2011/07/rickshaws.jpg" alt="" width="640" height="420" /></p>
<p>De cette histoire somme toute une peu sordide, on retiendra l&#8217;ambiance passablement irréelle des maisons closes de luxe, où les femmes de toute la Chine viennent vendre leurs charmes, dans un pays qui n&#8217;a déjà plus d&#8217;yeux que pour ses financiers&#8230;</p>
<blockquote><p>De cette race, le filles les plus belles se trouvaient dans la maison de danse où Harry m&#8217;avait amené. Grandes pour la plupart et toutes admirablement faites, harmonieuses dans chaque attitude et des mouvements si souples et déliés, que les os mêmes semblaient participer à la suave mollesse de leur chair, elles avaient des visages d&#8217;un modelé à la fois ferme et comme fondant, la fraîcheur lisse des pétales — couleur d&#8217;ambre clair — et une chevelure de nuit étincelante. Elles ne portaient pas les jupes ouvertes à mi-cuisse et les vestes multicolores que l&#8217;on voyait ailleurs, mais leurs robes étaient si ajustées, et d&#8217;étoffes si délicates, qu&#8217;elles donnaient, à cause de la lumière sous-marine, l&#8217;impression de ruisseler sur ces corps ciselés de sirènes.</p></blockquote>
<p><strong>Joseph Kessel</strong>, Hong-Kong et Macao. 1957<br />
Folio Gallimard, collection voyages.</p>
<p>Toutes les photos sont extraites du magazine <a href="http://www.life.com/">LIFE</a></p>
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