Je ne dors pas alors voilà, je livre ça, découvert tout à l’heure sur Canal +, Mark Ronson, un Anglais insolemment beau et talentueux qui se teint les cheveux en blanc, auteur d’Amy Winehouse, qui nous sort un groupe très classieux, The Business Intl, de son chapeau, avec un Andrew Wyatt superbe, rayonnant, fraichement débarqué de Miike Snow, un D’Angelo surpuissant, une Rose Elinor Dougall pimpante et superbement provocante et surtout Boy George un peu bouffi mais avec une voix impeccable, trente ans après… L’album s’appelle Record Collection et vient de sortir.
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Pop teintée électro savamment aromatisée au 80′s, c’est une explosion de sons acidulés inattendus qui secouent et restent dans la tête. A essayer les fenêtres ouvertes, Glass Mountain Trust entre autres et surtout Somebody to love me avec Wyatt et sa voix cristalline, et le Boy tout en subtilité. Ce Mark Ronson s’impose comme un incontournable d’une pop rétro fascinante… (entendez-vous les steel-drums ?)
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Nicola Conte est un DJ italien, guitariste de jazz, grand amateur de bossa nova et de rythmes indiens, toujours élégant… Il nous sert un double album de ses remixes autour de thèmes connus du jazz des années 60 dans un luxueux coffret de 2 CD imprimés façon vieux vinyle. 26 titres exceptionnels à écouter sans modération, dans la pénombre avec un verre de Martini Rosso on the rocks et puis pour la suite, je vous laisse imaginer, je ne vais pas vous mâcher le travail non plus.
Hildegarde de Bingen recevant une vision sous forme d’une flamme, vision qu’elle s’empresse de retranscrire dans ses Scivias
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Hildegard von Bingen
O dulcis electe – O Nobilissima Viriditas Catherine Sergent & Catherine Schroeder
Hildegarde de Bingen est une religieuse bénédictine du XIIème siècle. Parfaitement consacrée à la vie religieuse et ayant prononcé ses vœux perpétuels à l’adolescence, elle reçoit à 38 ans le titre d’abbesse de Disibodenberg. Plus tard, elle consignera les visions qu’elle a depuis toute jeune dans plusieurs ouvrages et fondera successivement les abbayes de Rupertsberg et d’Eibingen qui lui sont toutes les deux consacrées (mais n’existent plus aujourd’hui). En plus d’être une femme exceptionnelle à la foi ardente, elle est d’une extrême bonté envers les plus nécessiteux. Également écrivain, elle est considérée comme étant une des plus grandes compositrices de musique médiévale et toute son œuvre est empreinte de l’acte fondateur, la révélation, et colorée du combat éternel entre le vice et la vertu. Son tout dernier talent consiste à avoir créé une langue et un alphabet qu’elle sera la seule à avoir utilisé.
Arvo Pärt fait partie de ces hommes que la discrétion et la passion font passer pour des maîtres incontestés dans leur discipline. Fervent chrétien, il a longtemps travaillé sur les chants grégoriens et la religiosité en musique ; sa musique est imbibée d’un mysticisme lumineux et tous ses travaux sont inspirés par le sentiment d’humilité et par un dépouillement qu’il est d’usage de trouver dans l’architecture monacale. Estonien d’origine, il est allemand de cœur car il a fui son pays autrefois soviétique, rongé par la censure. Arvo Pärt créé une musique minimaliste, à l’instar de ses contemporains, Philip Glass, Steve Reich ou Terry Riley. Il est d’ailleurs le créateur du Style tintinnabulum et ne travaille toujours qu’avec peu d’éléments. La pièce ci-dessous, Pari Intervallo a été également jouée par 4 flûtes à bec.
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Fratres est une pièce importante de son œuvre, qu’on retrouve également dans le film des frères Cohen, No Country for Old Men.
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Il est de ces musiques que l’on a envie d’écouter à l’infini parce que tout est juste et fonctionne à la perfection. Le Brtiannique Michael Nyman fait partie de ces artistes qui œuvrent dans le sens d’une rationalisation et d’une simplification de la musique pour le bien de tous. Musique à grande vitesse a été composée pour l’inauguration du TGV Nord-européen ligne Paris-Lille en 1993 et reste une de ses grandes œuvres.
Note : le morceau se termine un peu brusquement car les 5 mouvements sont joués à la chaîne.
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Si toutefois vous avez été enchantés par Mad Rush de Philip Glass, voici la pièce telle qu’elle a été composée originellement pour orgue. Quelque chose de foncièrement joyeux et enchanteur… Baissez la lumière, montez le son, laissez-vous envoûter par la magie…
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La simple évocation de Philip Glass me rappelle mes premiers tâtonnements avec la musique contemporaine, les chants barbares de Stravinski, les pièces violentes de Pierre Boulez et surtout les pièces de percussion scandaleuses d’Edgard Varèse et ce nom de Philip Glass sorti de la bouche de mon grand-père qui m’a ouvert la porte de la musique minimaliste. Mad Rush est une pièce composée en 1979 initialement pour orgue, c’est une suite de sept mouvements ternaires pour une exécution d’environ 13 minutes. En 1981, la pièce a été choisie pour accompagner le discours du Dalaï Lama à New-York.
La composition donne l’impression que chaque mouvement roule sur deux notes uniques alors que l’harmonie en livre beaucoup plus dans un flot continuel et d’une beauté rare qui donne envie de s’asseoir face à l’océan…
Pour ceux qui en veulent encore, Philip Glass à l’œuvre, en vidéo, seul, puis en public. Mad Rush fait partie de la suite d’œuvres pour piano sur l’album Solo Piano.
Des tous les poètes qui composent la superbe anthologie de la Poésie Arabe, traduite et présentée par René R. Khawam, chez Phebus, il a fallu que je m’entiche du prince des poètes-truands, Abou’l Qasim Al-Tamimi. Il gagnait sa vie en écrivant de petites saillies parfaitement insultantes et drôles dont il faisait commerce auprès des notables qui s’offraient ses services dans les sociétés privées. Pourtant, ce sont ici deux poèmes de toute beauté que je reproduis ici, agrémentés d’un murraqa conservé à la BNF (manuscrit persan enluminé) et d’un chant soufi issu de l’album Hadra par Fadhel Jaziri. A noter qu’Evelyne Larguèche a déposé un texte sur l’« insulteur public » sur le site de la Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée (REMMM).
Entre deux vins
Rouge avant le mélange, et fauve après,
le vin apparaît entre deux tuniques
et nous offre son corps entre deux fleurs :
l’un de narcisse, l’autre d’anémone.
Pur, il est à l’image de la joue
rosissante de la pucelle aimée ;
et livré au mélange, il a la couleur
de la joue d’or pâli du bel amant.
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Reddition
Une fille blanche
comme de l’argent
mais le front orné
d’une frange noire…
Vois-là s’avancer,
empruntant par ruse
le jais de ses yeux
à quelque antilope !
Pareille beauté
ne sera vaincue
qu’à la reddition
de ses deux paupières !
Véritable dieu vivant dans son pays et par delà les frontières, dans le monde islamique, une étoile à la hauteur de Oum Kalsoum en Égypte, Nusrat Fateh Ali Khan (urdu : نصرت فتح علی خان) a ouvert la voie du qawwalî et du khyal en occident avec 125 albums enregistrés, mais surtout, il aura été l’ambassadeur de la culture soufie. Depuis sa mort en 1997, son neveu Rahat assure la relève. Pour le plaisir ici, Dam Hama Dam Ali Ali. On ferme les yeux, et on se laisse transporter…
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