Émile Prisse d’Avesnes – L’art arabe d’après les monuments du Kaire, depuis le VIIe siècle jusqu’à la fin du XVIIe siècle, Paris, 1869-1877

Émile Prisse d’Avesnes (ou Avennes) a passé sa vie à faire connaître en France et plus largement dans l’Europe du XIXè siècle l’art arabe et son principe d’ornementation à la fois complexe et d’une simplicité révoltante. Immergé dans une Égypte millénaire durant deux longs séjours, il ramènera en France pour conservation la fameuse « chambre des ancêtres » trouvée sur les parois du temple de Thoutmôsis III dédié à Amon-Rê à Karnak, aujourd’hui exposée dans une petite salle du département des antiquités égyptiennes du Louvre, et il s’appliquera à ordonner des relevés d’ornementation de toute beauté, compilée dans la somme de L’art arabe, écrit et mis en page entre 1869 et 1877.

Liens :

  1. Listes royales égyptiennes
  2. L’Art arabe d’après les monuments du Kaire depuis le VIIe siècle jusqu’à la fin du XVIIIe par Prisse d’Avenne, intégralement disponible sur le site de la NYPL digital gallery.
  3. L’émission d’Abdelwahab Meddeb (Cultures d’islam) sur Prisse d’Avennes sur le site de France Culture, dont l’invitée est Mercedes Volait, directrice de recherche au CNRS.

 

Barnaba da Modena – La vierge et l’enfant

C’est un magnifique tableau de 109 cm de haut sur 72 peint vers 1370, dans cette période qu’on appelle le Trecento italien, ou pré-Renaissance, par un homme dont il ne reste que peu d’œuvres à travers le monde, Barnaba Agocchiari, plus connu sous le nom de Barnaba da Modena. Cette vierge allaitant tout à fait audacieuse marque le tournant entre les restes d’une forte technique byzantine et la Renaissance. On y voit un drapé marial bleu souligné dans ses plis par des fils d’or (technique de la chrysographie) et toutes les règles de la composition de l’art byzantin ; cadre en ogive, auréole et fond dorés, parapet rouge pour souligner la charge, lignes en triangle d’un classicisme formel. En outre, le cadre montre les traces de colonnes autrefois présentes et qui laissent penser que le tableau est en réalité l’élément central d’un triptyque.

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Mots d’un vocabulaire oublié X

Avertissement: billet à haute teneur en mots rares et précieux, sauvés de l’oubli.

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  4. 4ème volet
  5. 5ème volet
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  8. 8ème volet
  9. 9ème volet
  10. 10ème volet

PLEctre

Un plectre est un dispositif permettant de pincer ou gratter les cordes d’un instrument. Il est généralement appelé médiator (« onglet » en Belgique, « pic » ou « pick » au Québec, « pick » en anglais) dans le domaine de la guitare, de la mandoline et des instruments semblables : il s’agit alors d’un petit accessoire que l’on tient entre le pouce et l’index. On appelle onglet le type de plectre utilisé aussi pour les instruments ou les styles requérant l’utilisation individuelle de plusieurs doigts pour gratter les cordes (ex : « fingerpicking country », cithare, kânun, etc.). Celui-ci s’enfile sur le bout du doigt.

Peinture murale de la nécropole thébaine, vers 1420 – 1411

Putto

Putto (putti au pluriel) est un terme architectural italien désignant sur une façade la statue d’un nourrisson joufflu et moqueur. Il s’agit presque toujours d’un garçon et parfois d’un ange. Les putti peuvent se trouver essentiellement sur les monuments de la Renaissance italienne, en particulier sur tous les bâtiments relevant du baroque sicilien, dont ils constituent l’une des caractéristiques principales. Le personnage du putto est inspiré de l’art de la Grèce antique, mais fut redécouvert et réutilisé au début du Quattrocento. Ce sont des anges symbolisant l’amour.

Putti peints par Raphaël dans la Chapelle Sixtine (1513)

Rudenture

Ornement en forme de câble ou de bâton uni ou sculpté dont on garnit les cannelures d’une colonne ou d’un pilastre dans leur partie inférieure.

Sardoine

La sardoine (du grec ancien σάρδιον / sárdion, probablement « de la ville de Sardes ») est une pierre de couleur rouge-brun, plus ou moins translucide. Il s’agit en fait d’une variété de calcédoine.
On en trouve un usage dans l’art islamique et dans l’art byzantin. En outre, les artistes du Moyen Âge ont beaucoup apprécié la reprise d’objets orientaux en sardoine, et leur ont ajouté une monture d’orfèvrerie : le vase d’Aliénor du trésor de la basilique de Saint-Denis, actuellement conservé au musée du Louvre, en est un exemple.

Coupe des Ptolémées, 1er siècle avant ou après J.C.
Cabinet des Médailles

Etonnant vase-camée. Cette somptueuse pièce du trésor de Saint-Denis aurait été offerte également à l’abbaye par le roi Charles le Chauve. Elle est taillée dans un seul bloc de sardoine et frappe par sa virtuosité technique, l’équilibre de la forme dans l’espace, le jeu sur les différentes couleurs de la pierre. Sait-on encore de nos jours façonner la sardoine ? La tradition rapporte qu’elle servait lors du sacre des reines de France. Elle faisait donc partie de ce qu’on appelle les regalia. Le décor en haut-relief évoque les préparatifs d’une cérémonie dionysiaque. Sur chacune des faces, une table chargée de vases et les branches d’un arbre auxquelles sont étrangement suspendus des masques bachiques. Datant du 1er siècle avant ou après J.C., ce canthare antique pourrait être l’œuvre d’un atelier d’Alexandrie. Il fut transformé en calice par une riche monture d’orfèvrerie, à l’époque de Charles le Chauve, fondue lors d’un vol en 1804.
Cercle Hernani

Scaphé

Le scaphé (ou skaphe, scaphium ou scaphion) est un objet de type cadran solaire dont on dit qu’il a été inventé par Aristarque de Samos (IIIè siècle avant J.-C.). Il consiste en une boule hémisphérique portant une gnomon à l’intérieur, dont le sommet ne dépasse pas la forme de l’hémisphère. Douze inscriptions gravées à la perpendiculaire de l’hémisphère indiquent les heures du jour. C’est à l’aide de cet instrument qu’Eratosthène de Cyrène mesura la longueur de l’arc méridien compris entre les deux tropiques.

Scaphé réalisé par Georg Hartmann en 1539 à Nuremberg, laiton doré
Musée d’histoire des sciences, Oxford

Stylobate

Stylobate en architecture désigne :

  • Un piédestal supportant une colonnade, comportant moulure, base et corniche régnant sur le pourtour d’un édifice.
  • Le degré supérieur constituant l’emmarchement dans certains cas d’architecture grecque avec péristyle ou faux-péristyle de pilastres.
  • Un soubassement décoré de moulure et formant un avant-corps suivant les ressauts d’une façade. Certains soubassements réunis et continus sont dénommés stéréobate.

stylobate incurvé du Parthénon d’Athènes

Transi

Contrairement au gisant représentant un personnage couché et endormi, dans une attitude béate ou souriante, le transi est une sculpture funéraire qui figure un personnage également couché, mais ici dans le réalisme de la putréfaction. De façon exceptionnelle, ce transi, comme celui du duc René dans l’église Saint-Étienne à Bar-le-Duc, sculpté par Ligier Richier, est debout, son écu lissé, et tendant son cœur à pleine main vers le ciel.

Apparu dans ce XIVe siècle où guerre (celle de Cent Ans), peste et famine ont emporté la moitié de la population, le transi marque une cassure dans l’art funéraire du Moyen Âge. L’horreur et les vers, la putréfaction et les crapauds remplacent — brutalement — sourires, heaume ou hennin. Guillaume de Harcigny ne joint pas les mains dévotement, mais tente, de ses phalanges sèches, de cacher un sexe pourri depuis longtemps. Le cardinal Lagrange exhorte le passant non à prier pour lui, mais à faire preuve d’humilité, car tu seras bientôt comme moi, un cadavre hideux, pâture des vers.
Le terme transi apparaît au XIIe siècle dans l’acception de « transi de vie », c’est-à-dire « trépassé ». La religion populaire, empreinte de magie, en fait un saint à invoquer dans les cas désespérés. On trouve un bon exemple de ce culte à Ganagobie dans les Alpes-de-Haute-Provence.
Seules certaines régions sont touchées par le remplacement des gisants par des transis. Ainsi en est-il de l’Est de la France et de l’Allemagne occidentale. En revanche, le transi demeure exceptionnel en Italie ou en Espagne.

Transis de Louis XII et d’Anne de Bretagne,
à Saint-Denis, par Giovanni di Giusto Betti

Orthostate

Un orthostate ou orthostat (nom masculin) désigne, dans l’architecture gréco-romaine, chacun des blocs de pierre dressés de chant, en une ou plusieurs rangées, à la base des murs.
Dans le cadre de l’architecture antique, les orthostates sont des blocs de pierre parallélépipédiques beaucoup plus hauts que profonds, habituellement établis au-dessous de l’élévation d’assise de parpaings.
L’usage du terme a été généralisé dans la description architecturale de beaucoup de cultures. Parfois entouré d’un simple filet, l’orthostat est généralement dépourvu de décor sculpté, à part dans quelques palais assyriens, comme à Khorsabad.
Le terme est également employé pour désigner des pierres dressées, plantées verticalement, comme les menhirs mégalithiques, ou plus généralement, les pierres individuelles qui font partie d’une structure mégalithique plus grande, comme les murs des allées couvertes ou les composants verticaux des trilithes, comme à Stonehenge.

Scène de chasse au lion, orthostate du palais de Ninive représentant Assurbanipal,
conservée au British Museum

Picnic in Tchernobyl (Yom and the wonder rabbis)

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Picnic in Tchernobyl, With Love

Si vous ne connaissez pas encore le klezmer, il est largement temps de vous y mettre. Originaire d’Europe de l’est, aux confluences de la tradition yiddish, des musiques orientales ashkénazes et saupoudré de quelques accords tziganes, le klezmer est un style musical enjoué qui évolue avec de nouveaux artistes tels que Yom and the Wonder Rabbis. Guillaume Humery de son vrai nom est un fan de musique klezmer et sort sa clarinette pour magnifier le genre. Avec un album radicalement moderne que de son propre aveu il n’imaginait pas comme ça (il voyait au début un pur hymne à la clarinette classique et au fur et à mesure d’ajouts se retrouve avec un album jazz rock très puissant), Yom exerce un charme attractif indéniable grâce à une musique tantôt calme et joyeuse, tantôt électrique et saccadée. En dehors de ces deux extraits, on écoutera aussi la douceur de Highway to Constantinople, la longueur de Kadish for Superman et d’autres titres encore, tous plus entrainants les uns que les autres sur l’album With Love.

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Saving the world is easy, With Love

Nuit sur le mont chauve (Ночь на лысой горе)

Une nuit sur le Mont Chauve (Ночь на лысой горе) est certainement le chef d’œuvre de Modeste Moussorgski. Le compositeur, mort alcoolique, ruiné et solitaire avait là, avec les Tableaux d’une exposition, joué son va-tout. Composé comme un poème en s’inspirant d’une nouvelle de Nicolas Gogol, Nuit de la Saint-Jean sur le mont Chauve (in Les soirées du hameau), cette pièce porte en elle une dimension dramatique hallucinante. En quelques douze minutes, sont évoquées successivement l’apparition d’esprits des croyances païennes russes, des adorations suspectes, le sabbat des sorcières et le retour au jour au son de la cloche du village. Une pièce sévère, majestueuse qui révèle à la fois l’âpreté de l’âme russe et sa grandeur.
La version la plus jouée est celle que le compositeur Nikolaï Andreïevitch Rimski-Korsakov a réorchestré en 1908. Certains auront découvert ce morceau grâce au Fantasia de Walt Disney, mais dans mon cas c’est sur la bande originale du film Saturday Night Fever, où la reprise disco n’est pas sans charme…

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Architektôn

Architektôn, littéralement « maître charpentier » : le mot est employé pour la première fois au Vè siècle, dans l’œuvre de l’historien Hérodote, alors que les poèmes  homériques, au VIIiè siècle, ne connaissaient que le tektôn, « menuisier » ou « charpentier », soit l’ouvrier par excellence. Tel quel, le terme suffit à faire comprendre que dans le monde grec l’architecte est issu du milieu des artisans.

Marie-Christine Hellmann, L’architecture grecque
Livre de poche, collection Références


La première mention connue du mot architecte, αρχιτεκτων (αρχι-archi, chef de – et de τεκτων – tekton, charpentier.), apparaît au Ve siècle av. J.‑C. dans le livre d’Hérodote, Histoires (3, 60) décrivant le tunnel de Samos: « l’architecte chargé de ce travail fut le Mégarien Eupalinos, fils de Naustrophos ». Hérodote utilise ce mot pour le constructeur du pont de bateaux permettant de franchir l’Hellespont en -513 (Histoires 4,88): “Darius Ier fut très satisfait de ce pont de bateaux et récompensa richement son architecte, Mandroclès de Samos”. Pour Hérodote, le mot architecte donné à Eupalinos qui est un des “auteurs des trois plus grands ouvrages que possède la Grèce” ou à Mandroclès de Samos n’a pas pour lui le sens qu’il a pris aujourd’hui, c’est plus un technicien de la construction ou un ingénieur. (source Wikipedia)

Les piliers d’Ashoka

Pilier d’Ashoka de Lauriya Nandangarh

Ashoka (ou Açoka, अशोक en hindi), troisième empereur de la dynastie Maurya qui s’est installée en Inde juste après le retrait des armées d’Alexandre le Grand, est un des personnages les plus importants de l’histoire de l’Inde car il est considéré comme le premier fédérateur de l’état, autrefois composé de petites principautés. Au IVème siècle av. J.-C., il réussit à instaurer une certaine stabilité dans le royaume et fait graver sur des rochers et des piliers disséminés dans le pays les lois qui gouvernent son pays, ainsi que des récits de conversion au bouddhisme dont il est un des grands prosélytes. Ashoka a laissé son empreinte dans le territoire au point que son emblème se trouve aujourd’hui au cœur du drapeau du pays, dans le symbole du dharmacakra (धर्मचक्र en sanskrit), un des huit symboles auspicieux, représenté par une roue de chariot symbolisant l’enseignement de Bouddha sur le chemin de l’éveil. Le plus célèbre des piliers d’Ashoka est celui de Sārnāth (hindî : सारनाथ), dont il ne reste plus aujourd’hui que le chapiteau, surmonté d’une fleur de lotus renversée (symbole de le vie naissante et fertile) sur lequel repose un abaque ornée de quatre dharmacakra espacés par des petits animaux représentant les quatre points cardinaux. Au-dessus de cet abaque se trouvent quatre lions représentant les quatre vertus du bouddhisme.
Tous les piliers ne sont pas décorés avec autant de détails et pour certains, les (ou le) lions sont manquants. Le plus étrange est assurément celui de Mehrauli qui, malgré sa composition en fer, ne porte aucune trace de corrosion. Continue reading

La vie privée des Anciens par René Ménard

Voici une somme documentaire inestimable et d’une grande qualité sur l’histoire des civilisations. Également abondamment illustrée, la vie privée des anciens écrit par René Ménard est un ouvrage s’intéressant aux aspects sociaux des civilisations, composé à une époque où l’on est plutôt en mal de sensations et où se développe l’orientalisme et les plus grands cabinets de curiosités. En effet, l’ouvrage date de 1880, mais reste une source fiable et radicalement objective sur les comportements intimes des sociétés qui nous ont précédées. René Ménard, historien de l’art, est le parfait exemple du savant a réussi le pont entre deux sciences au travers de l’histoire ; l’art et la sociologie.
Sur Archive.org sont disponibles les quatre tomes de cette superbe œuvre:

  1. Les peuples
  2. La famille
  3. Le travail
  4. Les institutions